La cavale des criminels de guerre empêche tout pacte UE-Serbie [FR]

Carla Del Ponte, procureur en chef du Tribunal pénal international pour l'Ex-Yougoslavie (TPIY), a déclaré aux députés européens que l'Union européenne devait se garder de tout rapprochement avec la Serbie tant que le pays ne livrait pas au TPIY les fugitifs soupçonnés de crimes de guerre.

Carla Del Ponte, procureur en chef du Tribunal pénal international pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY), a déclaré aux députés européens que l’Union européenne devait se garder de tout rapprochement avec la Serbie tant que le pays ne livrait pas au TPIY les fugitifs soupçonnés de crimes de guerre.

Se réunissant le 26 juin 2007, la procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, et les membres de la commission parlementaire des affaires étrangères ont convenu que l’UE ne devait signer aucun accord de stabilisation et d’association (ASA) avec la Serbie avant que les quatre fugitifs accusés de crimes de guerre, notamment l’ancien dirigeant Ravovan Karadzic et l’ancien chef militaire des Serbes bosniaques, Ratko Mladic, ne soient capturés et extradés.

Carla Del Ponte a précisé : « La politique de conditionnalité de l’UE a été un instrument efficace et absolument crucial pour encourager la coopération avec le TPI. Karadzic et Mladic ne devraient pas se faire d’illusion, ils n’échapperont pas au TPI ».

Le commissaire européen à l’élargissement, Olli Rehn, a annoncé début juin que les négociations entre Bruxelles et Belgrade reprendraient après une pause d’environ un an, due au manque de coopération de la Serbie avec le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (lire EURACTIV 4/06/07).

Mais comme l’a fait remarquer Carla Del Ponte, « les signes récents signes sont positifs ». Le ministre serbe des affaires étrangères, Vuk Jeremic, lui a fait écho, observant que « la Serbie se tient prête à se conformer à ses obligations » et que « les fugitifs doivent être localisés, arrêtés et extradés ». Il a ajouté espérer que l’accord de stabilisation et d’association pourrait être signé d’ici fin 2007.

Alors que les voix sont plus discordantes sur la question du Kosovo, le député européen slovène, Jelko Kacin (ADLE), rapporteur parlementaire sur la Serbie, a souligné que l’UE devait prendre garde et traiter séparément la perspective d’adhésion de la Serbie et le statut final du Kosovo.

La Serbie s’oppose au plan des Nations Unies qui accorderait l’indépendance au Kosovo. Le ministre serbe Jeremic insiste : « Une solution imposée n’est pas viable car elle sèmerait les graines de futurs conflits dans la région ».

Le député européen socialiste Hannes Swoboda a toutefois mis en garde le ministre serbe : « Il est de votre responsabilité de vous préparer à un règlement du statut du Kosovo « imposé par la communauté internationale » et de faire en sorte qu’il ne génère aucune turbulence dans la région ».