La candidature de la Suède à l’OTAN bénéficiera d’un « soutien important », selon le ministre suédois de la Défense

Le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, a déclaré que l’adhésion de la Suède à l’OTAN bénéficiera d’un soutien important lors du sommet de l’Alliance à Vilnius en juillet.

Euractiv.com
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« Nous pensons que notre candidature bénéficie d’un soutien important et qu’il serait important pour l’OTAN que nous devenions membres à part entière lors du sommet de Vilnius », a déclaré M. Jonson dans l’émission Morgonstudion de la chaîne de télévision SVT. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, a déclaré que l’adhésion de la Suède à l’OTAN bénéficiera d’un soutien important lors du sommet de l’Alliance à Vilnius en juillet. En outre, les négociations avec Ankara doivent reprendre mercredi (14 juin), quelques jours après que la Suède a extradé pour la première fois un partisan du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) vers la Turquie.

Au cours du week-end, le ministère suédois des Affaires étrangères a confirmé qu’une réunion officielle entre l’OTAN, la Suède et la Turquie aurait lieu mercredi pour discuter de l’adhésion à l’OTAN du pays nordique.

M. Jonson s’est félicité de cette réunion et a déclaré qu’elle serait axée sur la mise en œuvre du mémorandum trilatéral adopté par la Suède, la Finlande et la Turquie l’été dernier.

« Nous pensons que notre candidature bénéficie d’un soutien important et qu’il serait important pour l’OTAN que nous devenions membres à part entière lors du sommet de Vilnius », a déclaré M. Jonson dans l’émission « Morgonstudion » de la chaîne de télévision SVT.

« L’ensemble du flanc nord serait renforcé si la Suède devenait également membre à part entière, ce qui augmenterait la capacité de défense de la Finlande et des pays baltes », a-t-il ajouté.

Les 11 et 12 juillet, les chefs d’État ou de gouvernement des pays de l’OTAN se réuniront à Vilnius. La nomination d’un nouveau secrétaire général et la candidature longtemps retardée de la Suède seront abordées à cette occasion.

Le nouveau conseiller à la sécurité du président turc Recep Tayyip Erdoğan, Akif Çağatay Kılıç, a déclaré au cours d’un entretien télévisé que la Suède était désormais plus proche de l’approbation de sa candidature à l’OTAN par la Turquie qu’elle ne l’était il y a un an.

Pour rassurer la Turquie, le gouvernement suédois de droite récemment élu a annoncé en novembre qu’il prenait ses distances avec les organisations kurdes YPG (Unités de protection du peuple) et PYD (Parti de l’union démocratique) en raison de leurs liens trop étroits avec le PKK, considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne.

Le conseiller à la sécurité de M. Erdoğan a souligné qu’il y avait encore des points à discuter, la Turquie étant mécontente de la position prétendument complaisante de la Suède à l’égard du PKK terroriste et d’autres groupes que la Turquie considère comme terroristes, à savoir les opposants kurdes que Stockholm a refusé d’extrader vers la Turquie.

Le gouvernement suédois a d’ailleurs décidé lundi d’extrader vers la Turquie un partisan du PKK. L’homme avait été condamné pour des délits liés aux stupéfiants en Turquie en 2013, mais après avoir purgé moins de six mois de sa peine, il avait été remis en liberté conditionnelle, puis avait quitté la Turquie légalement avant de s’installer en Suède, où il avait obtenu un permis de travail.

Selon les médias suédois, l’homme de 35 ans a fait valoir que la demande d’extradition visant à ce qu’il purge une peine pour des délits liés aux stupéfiants constituait un prétexte et que la « véritable raison » de sa demande d’extradition s’expliquait par son origine kurde, sa promotion active de la cause kurde et son soutien aux YPG et au PKK.

La réunion trilatérale constitue la première rencontre depuis les élections turques, au cours desquelles le président Recep Tayyip Erdoğan a été réélu. Les élections ont constitué une pierre d’achoppement pour les négociations et l’OTAN a donc fait profil bas jusqu’à leur terme.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]