La campagne électorale du Parlement européen coûtera 0,08 € par citoyen

La stratégie de communication du Parlement pour les élections européennes de 2024 s’appuiera sur un réseau de médias et d’organisations de la société civile, avec un budget de 37 millions d’euros, selon le directeur de la communication et porte-parole du Parlement européen, Jaume Duch.

Euractiv.com
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Jaume Duch s’attend à ce que l’importance croissante de l’UE ces dernières années, avec la pandémie de Covid-19, les fonds de NextGeneration et la réponse commune contre la guerre de la Russie en Ukraine, augmente le taux de participation. [European Parliament]

La stratégie de communication du Parlement pour les élections européennes de 2024 s’appuiera sur un réseau de médias et d’organisations de la société civile, avec un budget de 37 millions d’euros — soit 0,08 euro par citoyen —, très peu comparé aux budgets d’autres institutions et gouvernements, a déclaré à EURACTIV le directeur de la communication et porte-parole du Parlement européen, Jaume Duch.

Puisque « nous devons être prudents avec l’argent des contribuables », le Parlement construit sa campagne en créant une vague qui sera soutenue par un réseau interne et externe, en se concentrant sur la mobilisation des abstentionnistes et des nouveaux électeurs, a dit M. Duch.

« Notre stratégie ne consiste pas seulement à savoir ce que nous allons faire, mais comment nous pouvons aider les autres, en commençant par les médias, en terminant par les ONG, les entreprises et les particuliers », a-t-il ajouté.

Un montant de 8 millions d’euros sera consacré au financement des entreprises de médias par le biais de subventions pour des actions de promotion des élections européennes et des travaux du Parlement. Un autre montant de 3,9 millions d’euros sera mis à la disposition des organisations de la société civile et des « acteurs du changement » afin de « renforcer l’engagement civique non partisan des citoyens européens et des organisations pour promouvoir l’importance d’aller voter ».

Le Parlement utilisera également la plateforme together.eu, engageant des milliers de parties prenantes à travers l’UE et des groupes avec lesquels le service de communication est déjà en contact dans les États membres via les bureaux de liaison du Parlement européen (EPLO).

« Tous ces alliés seront activés en coordination avec le Parlement européen », a déclaré M. Duch, ajoutant qu’ils utiliseront son réseau de parties prenantes ainsi que les correspondants à Bruxelles, les médias des États membres et les gouvernements nationaux pour communiquer le travail et l’impact du Parlement, et pour projeter « l’importance des élections européennes ».

M. Duch s’attend à ce que l’importance croissante de l’UE ces dernières années, avec la pandémie de Covid-19, les fonds de NextGeneration et la réponse commune contre la guerre de la Russie en Ukraine, augmente le taux de participation.

« Puisque l’Union européenne fait désormais la couverture de nombreux journaux presque tous les jours (…), il est logique de penser qu’il y aura davantage de personnes intéressées à voter pour les élections européennes », a-t-il déclaré.

Le Parlement est actuellement en train de construire le réseau et d’attribuer des subventions mais ne commencera pas à lancer et à coordonner des actions de communication à travers l’UE avant janvier 2024.

Qatargate et harcèlement

Interrogé sur l’impact du Qatargate et des affaires de harcèlement sur la réputation du Parlement et les élections européennes, M. Duch s’est montré confiant, arguant que les récents résultats de l’Eurobaromètre ne montraient pas d’impact négatif, avec des intentions de vote atteignant 67 %.

« Je suis convaincu que lorsque les élections arriveront, le Parlement pourra dire à l’opinion publique : oui, il y a eu des cas de corruption […] Mais nous avons pris cette situation très au sérieux et nous avons adopté une longue liste de mesures pour être sûrs que cela ne se reproduise pas ou que si cela devait se produire, nous puissions nous alerter immédiatement », a-t-il déclaré.

La présidente du Parlement, Roberta Metsola, « est tout à fait consciente que [les réformes internes] sont importantes pour l’image de cette Assemblée », a-t-il ajouté.