La Bulgarie incertaine sur le moratoire sur l'achat des terres arables

Le premier ministre bulgare et d'autres personnalités politiques souhaitent réviser un projet de loi  voté le 22 octobre par le Parlement. Ce dernier vise à prolonger jusqu'en 2020 un moratoire sur les achats de terres arables par les investisseurs étrangers.

EURACTIV.fr
Plamen Oresharski, le premier ministre bulgare
Plamen Oresharski, le premier ministre bulgare

Le premier ministre bulgare et d'autres personnalités politiques souhaitent réviser un projet de loi  voté le 22 octobre par le Parlement. Ce dernier vise à prolonger jusqu'en 2020 un moratoire sur les achats de terres arables par les investisseurs étrangers.

Quelque 59 députés du Parti socialiste bulgare (BSP) sur 84 et tous ceux du parti des Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) présents ont voté en faveur de la prolongation d'un moratoire sur les achats de terres arables par les investisseurs étrangers, proposé par le parti nationaliste Ataka.

Une décision qui a déplu au gouvernement bulgare. « La décision résulte d'un sentiment politique, elle n'est pas rationnelle. Nous trouverons un moyen de réviser [le projet] », a déclaré le premier ministre Plamen Oresharski lors d'une visite à  Bruxelles le 25 octobre, soit troi jours après le vote.

Folie collective

Les dirigeants des deux plus grands groupes politiques du pays, le BSP de centre-gauche et le GERB, étaient à Bruxelles le 24 octobre à l'occasion d'une réunion en amont du sommet européen.

Le président du BSP, Sergueï Stanishev, a indiqué à la presse que la décision du parlement résultait des « émotions » et « n’était pas efficace ». Il est également le chef de file du Parti socialiste européen (PSE).

Boïko Borissov, fondateur du parti GERB, s’est fait l’écho de M. Stanishev. Le parlement est soudainement devenu « la proie d'une folie collective ».

Prix des terres trop élevés

Actuellement, les étrangers peuvent acquérir un terrain en Bulgarie en passant par une entreprise bulgare enregistrée. Conformément au traité d'adhésion, le moratoire devrait prendre fin le 1er  janvier 2014, sept ans après l'adhésion de la Bulgarie.

L'Union européenne avait prévenu Sofia que la prolongation du moratoire entraînerait la révision du traité d’adhésion du pays et que toute violation de l'accord pourrait donner lieu à des amendes salées.

De nombreux députés socialistes craignent apparemment que les terres à bas prix dans l'État membre le plus pauvre de l'UE déclenchent une hausse des achats par des investisseurs étrangers. Le prix des terres serait également trop élevé pour les agriculteurs nationaux.

Des économistes estiment que cette décision nuit à l'image du pays auprès des investisseurs étrangers, la réputation de la Bulgarie étant déjà ternie par la corruption endémique.