La Bosnie à la traine, avertit Mme Clinton
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a averti la Bosnie hier (12 octobre) : le pays doit rattraper ses voisins et intégrer l'Europe dans la mesure où il est temps pour la Bosnie de s'unir pour respecter la promesse d'accords de 1995.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a averti la Bosnie hier (12 octobre) : le pays doit rattraper ses voisins et intégrer l'Europe dans la mesure où il est temps pour la Bosnie de s'unir pour respecter la promesse d'accords de 1995.
Lors d'une rencontre à Sarajevo avec des étudiants universitaires, Hillary Clinton a salué les progrès réalisés jusqu'à présent mais elle a rappelé qu'il restait beaucoup à faire pour construire le futur européen de la Bosnie.
"La haine est moins vive, mais le nationalisme persiste. Dans le même temps, la promesse d'une meilleure stabilité, représentée par l'intégration du pays en Europe, reste hors d'atteinte", a expliqué Mme Clinton, insistant pour que le pays mette de côté ses différences ethniques et remplisse les exigences nécessaires pour rejoindre l'UE et l'OTAN.
"Vos voisins avancent dans cette direction. Ils savent qu'intégrer l'Europe est la meilleure manière d'atteindre une croissance économique constante et une stabilité politique à long terme. Il est temps que les citoyens de ce pays se fassent entendre", a-t-elle ajouté.
Le voyage de Mme Clinton, qui l'a également amenée en Serbie et au Kosovo, se déroule une semaine après le scrutin bosniaque qui semble avoir renforcé l'impasse entre les populations musulmane, croate et serbe du pays.
Les fonctionnaires américains espèrent que la visite en Bosnie, où le président Bill Clinton avait contribué à l'indépendance du pays après le démantèlement de la Yougoslavie, stimulera les efforts de renforcement du gouvernement central et permettra de lancer des réformes politiques et économiques.
"La famille Clinton est prête à s'engager personnellement pour aider la Bosnie Herzégovine dans la mesure où Bill Clinton souhaite que son projet soit mené à terme", a déclaré Bakir Izetbegovic, récemment élu représentant musulman à la présidence collégiale de Bosnie, en parlant de sa conversation avec Mme Clinton.
"De fausses promesses"
A Sarajevo, Mme Clinton a parlé avec des jeunes qui se rappelaient à peine la guerre de 1992-95 durant laquelle près de 100 000 personnes perdirent la vie et elle les a encouragé à regarder vers l'avenir.
"Je les encourage, comme je le fais avec tous les citoyens, à rejeter les fausses promesses des agendas nationalistes", a dit Mme Clinton lors d'un rassemblement de dirigeants bosniaques serbes, musulmans et croates après l'ouverture d'un nouveau bâtiment de l'ambassade américaine à Sarajevo.
"Personne ne sera capable de mettre en place un futur stable et prospère pour ce pays en ravivant les animosités du passé. Cela ne mènerait qu'à plus de méfiance, de désunion, de stagnation et de pauvreté", a-t-elle ajouté.
Quinze ans après la fin de la guerre, la Bosnie est à la traîne en comparaison avec les pays des Balkans occidentaux qui espèrent rejoindre l'UE et à terme l'OTAN, des objectifs considérés par Bruxelles et Washington comme essentiels à la stabilité régionale. Les fonctionnaires américains veulent que la Bosnie accélère ses réformes constitutionnelles et économiques nécessaires à son adhésion à l'UE.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)