La Belgique envisage de reconnaître l'État palestinien sous conditions
La Belgique s'aligne ainsi sur la position d'autres gouvernements occidentaux qui promettent de reconnaître la Palestine lors de l'assemblée générale des Nations unies.
La Belgique envisage de reconnaître l’État palestinien sous certaines conditions et de prendre des sanctions à l’encontre d’Israël.
La reconnaissance de l’État palestinien n’est « pas symbolique » mais « conditionnée » à la libération par le Hamas de tous les otages enlevés le 7 octobre 2023 et à l’abandon de tout rôle dans la gestion du territoire palestinien, a annoncé le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, mardi 2 septembre.
La reconnaissance devrait être officialisée lors de l’Assemblée générale des Nations unies qui se tiendra ce mois-ci à New York.
Cette décision met fin à des semaines d’âpres luttes intestines au sein de la fragile coalition à cinq de la Belgique, dirigée par le Premier ministre de droite Bart De Wever.
Lundi, le parti centriste Les Engagés de Maxime Prévot a menacé de bloquer les travaux du gouvernement à moins que le cabinet n’adopte une position plus stricte à l’égard d’Israël.
La Belgique s’apprête à imposer ce que Maxime Prévot a appelé des « sanctions fermes » au gouvernement israélien. Celles-ci comprendraient une interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes illégales, un contrôle plus strict des marchés publics passés avec des entreprises israéliennes et une limitation de l’assistance consulaire pour les citoyens belges vivant dans ces colonies.
Deux ministres israéliens de droite, ainsi que plusieurs « colons violents » et chefs du Hamas, seront déclarés persona non grata.
« Il ne s’agit pas de sanctionner le peuple israélien, mais de veiller à ce que son gouvernement respecte le droit international et humanitaire et prenne des mesures pour tenter de changer la situation sur le terrain », a argumenté le ministre belge des Affaires étrangères.
Cette annonce fait suite à la promesse faite par le président Emmanuel Macron en juillet de reconnaître la Palestine lors de la réunion de l’ONU à venir. Une douzaine d’autres gouvernements européens ont fait part d’intentions similaires.
Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a averti que ces mesures alimenteraient l’antisémitisme, « récompenseraient le terrorisme monstrueux du Hamas et puniraient ses victimes ».
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Une déclaration envoyée aux journalistes a confirmé que la Belgique fera pression pour que des mesures soient prises à l’échelle de l’UE contre le Hamas, tout en travaillant avec des groupes juifs dans son pays pour lutter contre l’antisémitisme.
Elle a également soutenu la suspension de l’accord commercial de l’UE avec Israël, ainsi que « d’autres mesures possibles, telles que la suspension des protocoles d’accord et des groupes de travail de coopération technique ».
Bruxelles a proposé de limiter les liens en matière de recherche et de développement, dans le cadre d’une série de sanctions possibles, après avoir jugé qu’Israël avait manqué à ses obligations en matière de droits de l’homme.
« Les pistes liées aux activités du Fonds européen d’investissement (FEI) et de la Banque européenne d’investissement (BEI), voire d’Europol, avec Israël doivent également être explorées et donner lieu à des propositions concrètes », a indiqué la Commission.
Mais les options, élaborées par le service diplomatique de l’UE, se sont heurtées à de profondes divisions au sein de l’UE-27, qui ont refait surface ce week-end lors de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Copenhague.
La question sera probablement abordée lors de leur prochaine rencontre, le 22 septembre, dans le cadre de leurs discussions habituelles à l’ONU.
(sn)