La Belgique considère que le projet SCAF n'aboutira pas

La Belgique avait manifesté son intérêt pour ce projet de 100 milliards d'euros axé sur un avion de combat de nouvelle génération fonctionnant en tandem avec un réseau de drones et un cloud IA.

EURACTIV.com
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Theo Francken, ministre belge de la Défense. [Viktor Fridshon/Global Images Ukraine via Getty Images]

Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a déclaré vendredi que les récentes déclarations du chancelier allemand Friedrich Merz ont marqué la fin du projet franco-germano-espagnol d’avion de combat, le Future Combat Air System (SCAF).

Un différend entre la France et l’Allemagne a semé le doute quant à la poursuite du projet SCAF. La Belgique, qui avait manifesté son intérêt pour ce projet de 100 milliards d’euros axé sur un avion de combat de nouvelle génération fonctionnant en tandem avec un réseau de drones et un cloud IA, et qui détient le statut d’observateur,a toutefois déclaré que le projet était pratiquement mort.

« Il n’y aura pas d’avion de combat franco-germano-espagnol de sixième génération », a déclaré M. Francken dans un message publié sur les réseaux sociaux, ajoutant que le fossé entre l’Allemagne et la France était trop profond.

En juillet 2025, le gouvernement belge a donné son feu vert pour participer pleinement au programme franco-germano-espagnol SCAF, tout en établissant des plans pour que l’armée de l’air du pays utilise à la fois le F-35, un avion de combat de 5e génération américain, et l’avion SCAF, qui devrait idéalement être prêt d’ici 2040.

Cette décision a suscité de vives critiques de la part du PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, qui est le principal contractant du projet SCAF pour la France.

« Si [la Belgique] renonce à l’idée d’acheter des F-35, elle sera la bienvenue. Si ce n’est pas le cas, alors cela revient à se moquer de nous », a déclaré le dirigeant français de l’aviation.

Francken a rapidement répliqué, affirmant que le pays n’avait pas besoin des leçons d’« industriels arrogants » et que Bruxelles devrait réévaluer sa décision de rejoindre le SCAF.

Suite aux récentes déclarations de Merz selon lesquelles l’Allemagne n’a pas besoin des mêmes avions de combat que la France, le ministre belge de la Défense va à nouveau « réévaluer notre position en consultation avec nos alliés ».

« Un avion européen de sixième génération reste un rêve. Espérons qu’il se réalisera. Nous étudions toutes les options », a-t-il déclaré.

Mercredi prochain, M. Francken prévoit de présenter son plan d’urgence à la commission de la défense belge.

Les trois pays partenaires, la France, l’Allemagne et l’Espagne, avaient pour objectif de trouver une solution pour le SCAF avant la fin de l’année dernière, mais ils ont finalement reporté la décision sine die en raison de désaccords persistants. Le gouvernement allemand attend désormais une réponse des Français sur la manière de procéder d’ici la fin du mois.

Charles Cohen a contribué à cet article.