La BCE pourrait intervenir après le sommet selon la présidence polonaise

Selon le ministre polonaise des finances, Jan Vincent-Rostowski, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait intervenir directement sur les marchés de la dette souveraine si un accord est conclu sur une modification des traités lors du sommet des chefs d'Etat européens la semaine prochaine (8-9 décembre).

EURACTIV.fr
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Selon le ministre polonaise des finances, Jan Vincent-Rostowski, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait intervenir directement sur les marchés de la dette souveraine si un accord est conclu sur une modification des traités lors du sommet des chefs d'Etat européens la semaine prochaine (8-9 décembre).

« Il est impératif que ces propositions soient acceptées [à l'occasion du sommet] et que nous agissions de façon très rigoureuse dans la période qui suit », a déclaré M. Vincent-Rostowski lors de la dernière réunion des ministres des finances sous la présidence polonaise.

A propos de la nécessité d'inclure la BCE dans ce plan d'action (en tant que prêteur en dernier ressort ou qu'intermédiaire pour que les Etats membres puissent transférer de l'argent à la zone euro par le biais du Fonds monétaire international), il a affirmé : « Je me satisferai de n'importe quelle solution, pourvu qu'elle fonctionne ».

Le sommet des chefs d'Etat européens devrait se dérouler les 8 et 9 décembre à Bruxelles.

Mesures à court terme pour apaiser les marchés

Les modifications du traité qui seront sans doute proposées pourraient satisfaire les marchés à moyen et à long terme, a commenté M. Vincent-Rostowksi. Mais le danger de ce qu'il a appelé « les imprévus du traité », comme la mise en œuvre trop lente des mesures, implique que des actions immédiates soient entreprises pour calmer les marchés.

M. Vincent-Rotowksi pense que « tous les ministres sont conscients de cela ». Des affirmations selon lesquelles la réticence des Allemands à utiliser la BCE s'envolerait après la modification du traité sont survenues en même temps que des allusions contradictoires sur ce sujet de la part des diplomates.

L'un d'entre eux a confié à EURACTIV que l'utilisation de la BCE était toujours hors de propos, alors qu'un autre a déclaré, en marge de la réunion ministérielle : « La BCE peut assumer des fonctions diverses dans le cadre du fonds de sauvetage ou du système d'emprunts obligataires, notamment celle d'un intermédiaire permettant d'accéder au soutien du FMI. »

Propositions de modification du traité : cette semaine ou la semaine prochaine ?

Les regards se tournent à présent vers les détails de la modification du traité. Le président français, Nicolas Sarkozy, devrait présenter des propositions aujourd'hui (1er décembre) lors d'un discours sur les affaires européennes.

Selon certains diplomates allemands, la chancelière allemande, Angela Merkel, abordera les mêmes sujets lords de son discours au Bundestag demain matin.

Un diplomate européen a déclaré à EURACTIV : « Cela ne signifie pas que la substance de leur proposition transparaîtra dans leurs discours. Ces précisions pourraient être apportées la semaine prochaine, de façon plus coordonnée. »

Lors de la réunion des ministres des finances, le nouveau premier ministre italien, Mario Monti, a démenti les rumeurs selon lesquelles son pays avait entamé des discussions actives avec le FMI au sujet d'une ligne de financement.

Les ministres des finances ont également décidé de renforcer la coordination européenne des garanties sur les obligations, afin de s'assurer que ces garanties n'entrent pas en conflit avec les règles d'aide de l'État. Le commissaire à la concurrence, Joaquin Almunia, devrait faire une annonce plus concrète sur le sujet dans l'après-midi.

Les nouvelles mesures prendront effet à partir du 1er janvier 2012, et seront évaluées au milieu de l'année suivante.

Cette réunion s'est déroulée au moment où les banques centrales entreprenaient, dans une action concertée, d'augmenter la liquidité en dollars sur les marchés. La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, les banques centrales du Canada, de la Grande-Bretagne, du Japon et de la Suisse avaient pris de telles mesures coordonnées pour stabiliser les marchés mondiaux lors de la crise financière de 2008, suite à l'effondrement de Lehman Brothers.