La BCE baisse ses taux d’intérêt mais maintient les prévisions de croissance pour 2025

La Banque centrale européenne (BCE) a baissé ses taux d’intérêt jeudi 5 juin, mais a maintenu ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2025.

/ EURACTIV.com
ECB Governing Council meeting with interest rate decision
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE). [Getty Images/Andreas Arnold_picture alliance]

La Banque centrale européenne (BCE) a baissé ses taux d’intérêt jeudi 5 juin, mais a maintenu ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2025, estimant que l’impact des tensions commerciales et de l’incertitude géopolitique pourrait être atténué par les investissements dans la défense et les infrastructures.

Cette nouvelle baisse des taux, très attendue, ramène le taux directeur de 2,25 % à 2 %. Il s’agit de la huitième réduction opérée par la BCE depuis juin 2024, lorsque l’institution avait commencé à assouplir sa politique monétaire face au ralentissement des pressions inflationnistes.

Les attentes d’un nouvel assouplissement ont été renforcées par des données publiées cette semaine montrant un recul de l’inflation en mai à 1,9 %, contre 2,2 % en avril. C’est la première fois depuis septembre que le taux d’inflation passe sous la cible des 2 % fixée par la BCE.

Les analystes attribuent la baisse des pressions sur les prix à divers facteurs, notamment la baisse des prix de l’énergie, l’affaiblissement du marché du travail, la faiblesse de la demande, le renforcement de l’euro et les effets différés des précédentes hausses de taux de la BCE.

L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a fait flamber les prix de l’énergie dans toute l’Europe, provoquant un pic d’inflation de 10,6 % dans la zone euro en octobre de la même année et conduisant la BCE à relever ses taux à un niveau record de 4 %.

Si l’inflation reflue désormais, la croissance économique européenne reste marquée par de nombreuses incertitudes. La politique protectionniste du président Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche en janvier, vient renforcer les difficultés existantes telles que la faiblesse des investissements, la fragmentation du marché intérieur européen et la pression concurrentielle exercée par la Chine.

Malgré ce contexte, la BCE a maintenu ses prévisions de croissance pour 2025 à 0,9 %, après un premier trimestre plus robuste que prévu, bien que les perspectives pour le reste de l’année s’annoncent plus moroses. La prévision pour 2026 est légèrement abaissée, passant de 1,2 % à 1,1 %.

L’institution a également revu à la baisse ses prévisions d’inflation pour les années à venir : elle anticipe désormais un taux de 2,0 % en 2025 (contre 2,3 % auparavant), et de 1,6 % en 2026 (contre 1,9 %).

« Si l’incertitude entourant les politiques commerciales devrait peser sur les investissements des entreprises et les exportations, en particulier à court terme, la hausse des investissements publics dans la défense et les infrastructures soutiendra de plus en plus la croissance à moyen terme », a déclaré la Banque.

Les investisseurs s’attendent à au moins une nouvelle baisse des taux cette année. De nombreux analystes et membres du conseil des gouverneurs de la BCE, chargé de fixer les taux d’intérêt, avertissent qu’un rythme trop rapide de baisse des taux pourrait entraîner une reprise de l’inflation.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]