La bataille pour les congés maternité devrait se poursuivre après le vote de l'UE
Le Parlement européen fait fortement pression pour apporter des standards minimaux européens plus longs pour les congés maternité. Toutefois, les eurodéputés sont susceptibles d'être confrontés à une sévère résistance de la part de certains Etats membres, surtout le Royaume-Uni.
Le Parlement européen fait fortement pression pour apporter des standards minimaux européens plus longs pour les congés maternité. Toutefois, les eurodéputés sont susceptibles d'être confrontés à une sévère résistance de la part de certains Etats membres, surtout le Royaume-Uni.
Il y avait une impression de déjà-vu au Parlement hier (23 février), alors que la Commission des droits de la femme a soutenu un rapport de l'eurodéputée portugaise Edite Estrela qui vise à augmenter le temps obligatoire minimum du congé maternité à 20 semaines dans l'UE.
En juin l'an dernier, une coalition d'eurodéputés libéraux et de centre droit avait déjà rejeté les projets de Mme Estrela lors d'un vote à Strasbourg.
Mme Estrela ne pense toutefois pas que l'histoire va se répéter, et a déclaré qu'elle était confiante que le Parlement soutiendrait son projet cette fois-ci.
Répondant à une question d'EURACTIV suite au vote d'hier, elle a soutenu que le rejet l'an dernier avait eu lieu pour des raisons politiques, car les eurodéputés de centre droit ne voulaient pas toucher à cette question sensible en amont des élections européennes du mois de juin.
Un nouveau Parlement engendre une nouvelle situation, a-t-elle dit, ajoutant : nous légiférons pour l'avenir avec cette proposition progressiste.
Trop cher selon le Royaume-Uni
Toutefois, bien qu'une majorité d'eurodéputés ait appuyé le rapport, il semble probable que de futures batailles politiques soient inévitables.
Le Royaume-Uni, par exemple, s'inquiète des coûts engendrés par ce projet, et serait susceptible de le bloquer lorsqu'il attendra un niveau ministériel.
L'Association des chambres de commerce britannique (BCC) a prévenu que les changements proposés seraient trop coûteux dans le contexte d'une crise économique.
Le directeur des politiques de la BCC Adam Marshall a dit à l'Associated Press que la directive sur les travailleuses enceintes devrait consister à établir des standards européens minimum pour leur santé et leur sécurité – non pas ajouter de nouveaux frais de personnel aux entreprises surchargées et aux systèmes nationaux de sécurité sociale.
Ce vote crée une complexité et une instabilité qui sont totalement inutiles, car le Royaume-Uni et les autres pays de l'UE ont déjà des systèmes nationaux de paiements des congés maternité bien développés, a-t-il affirmé, encourageant le Parlement européen et les ministres nationaux de l'UE à faire annuler ces amendements coûteux.
Les entreprises doivent bénéficier de plus d'espace pour créer de la croissance et des emplois – sans être paralysées par des règles nouvelles et coûteuses sur la maternité, a-t-il argué.
Le rapport va trop loin selon la Commission
Une source de la Commission européenne a confié à EURACTIV : nous avons le sentiment que ce rapport va un peu trop loin, à la fois en ce qui concerne le minimum de 20 semaines, mais aussi la clause sur le congé paternité.
Mme Estrela a cependant riposté en disant qu'elle n'avait pas reçu de réponse de la Commission alors qu'elle avait demandé à plusieurs reprises quelles décisions devaient être prises quant au congé paternité.
19 pays de l'UE ont déjà une législation sur le congé paternité, a-t-elle dit à EURACTIV, ajoutant : nous pensons que nous devrions consacrer dans la législation de l'UE ce que la plupart des Etats membre ont déjà.
C'est une question d'harmonisation, a-t-elle conclu.