La Banque d’Angleterre vers une 14e hausse des taux pour contrer l’inflation

La Banque d’Angleterre devrait relever son taux pour la 14e fois consécutive ce jeudi pour tenter d’endiguer l’inflation britannique, source d’une sévère crise du coût de la vie, et pourrait se montrer plus déterminée que la Fed ou la BCE, jugent des économistes.

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Les investisseurs prévoient une hausse de 0,25 point de pourcentage, ce qui porterait son taux directeur à 5,25 %, soit un sommet depuis avril 2008 et la grande crise financière. [QQ7/Shutterstock]

La Banque d’Angleterre devrait relever son taux pour la 14e fois consécutive ce jeudi (3 août) pour tenter d’endiguer l’inflation britannique, source d’une sévère crise du coût de la vie, et pourrait se montrer plus déterminée que la Fed ou la BCE, jugent des économistes.

Les investisseurs prévoient une hausse de 0,25 point de pourcentage, ce qui porterait son taux directeur à 5,25 %, soit un sommet depuis avril 2008 et la grande crise financière.

La banque centrale anglaise suivrait ainsi le rythme de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) qui ont fait de même fin juillet en relevant leurs taux d’un quart de point.

De nombreux économistes s’attendent en revanche à ce que la Banque d’Angleterre (BoE) se distingue par un message plus déterminé, en faveur d’un nouveau resserrement, pour les réunions à venir, alors que les patrons de la Fed et de la BCE ont affirmé ne pas encore être certains de leur décision pour septembre.

En effet, la BoE fait face à une inflation qui a ralenti, à 7,9 % sur un an en juin, mais qui reste quatre fois plus élevée que son objectif de 2 % et la plus haute des pays du G7.

Dans sa lutte contre l’inflation, la banque centrale peut compter sur le soutien du gouvernement, même si les hausses des taux rendent les emprunts plus coûteux pour les entreprises et les particuliers, a assuré le Premier ministre Rishi Sunak mercredi (2 août).

« C’est l’inflation qui crée des problèmes sur les factures, et c’est l’inflation qui fait que la Banque d’Angleterre doit relever ses taux », a-t-il justifié.

Incertitude à l’automne

Questionné par les auditeurs de la radio LBC, inquiets de voir leurs taux d’emprunt s’envoler, il a exclu un changement de ligne : « Nous devons nous en tenir à notre plan, il n’est pas facile de faire flancher l’inflation ».

« Il est trop tôt pour que le comité de politique monétaire déclare victoire contre l’inflation », renchérit Sanjay Ranja, analyste chez Deutsche Bank, dans une note.

Selon lui, de bonnes données sur l’emploi dans les mois à venir, source de hausses des salaires et donc d’inflation, justifieront plusieurs hausses avant la fin de l’année.

Mais d’autres observateurs se demandent si la BoE ne risque pas de serrer la vis trop fort, au risque d’étouffer l’économie.

« La pression inflationniste reste suffisamment élevée pour justifier une nouvelle hausse des taux en septembre, à 5,5 %, mais nous pensons qu’une récession modérée et un ralentissement des hausses des salaires empêcheront une telle montée des taux », écrit Paul Dales, analyste chez Capital Economics.

La BoE publiera également jeudi ses projections économiques à long terme. Mais après avoir sous-estimé la persistance de l’inflation face aux chocs successifs du Brexit, du Covid-19 puis de l’invasion russe de l’Ukraine, la banque centrale a parallèlement lancé vendredi (28 juillet) une enquête sur la manière dont elle établit ses prévisions.