La « communauté politique européenne » ne remplace pas l’élargissement, selon Emmanuel Macron
Le président français Emmanuel Macron a déclaré que la « communauté politique européenne » est un « complément » au processus d’adhésion à l’UE et non une « alternative ».
Le président français Emmanuel Macron a déclaré jeudi (19 mai) que la « communauté politique européenne » est un « complément » au processus d’adhésion à l’UE et non une « alternative », après que les États qui aspirent à rejoindre l’UE se soient inquiétés du fait que cette idée pourrait servir à exclure des pays du bloc.
Lors de son discours devant le Parlement européen à l’occasion de la Journée de l’Europe (9 mai), M. Macron a présenté une nouvelle « communauté politique européenne » qui permettrait à l’Ukraine et à d’autres États actuellement sur la liste d’attente pour rejoindre l’UE, comme les Balkans occidentaux, d’être plus étroitement associés à l’Union.
Emmanuel Macron propose une alternative à l’élargissement de l’UE
Le président français Emmanuel Macron a présenté lundi (9 mai) une proposition de nouvelle « communauté…
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L’idée, interprétée par les observateurs comme une alternative au processus mourant d’élargissement de l’UE, a été accueillie avec scepticisme par ceux qui aspirent à rejoindre le bloc.
« Aucune alternative à l’adhésion à l’UE pour l’Ukraine ne serait acceptable », a réagi le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba la semaine dernière.
Jeudi (19 mai), lors d’une conférence de presse à Paris avec son homologue moldave Maia Sandu, dont le pays a également récemment déposé sa demande d’adhésion à l’UE, le président français a tenté de clarifier sa proposition.
Selon lui, celle-ci doit représenter « un nouveau cadre de coopération structurant, rassemblant des nations européennes démocratiques qui adhèrent à notre socle de valeurs et qui aspirent ou non à adhérer à l’Union européenne ».
Même si elle a pu être vue comme une manière d’éviter l’intégration de certains pays à l’UE, la communauté serait un « complément » et non pas « alternative au processus d’adhésion » qui serait mis en place.
Les efforts déployés par l’UE pour intégrer les six États des Balkans occidentaux ont jusqu’à présent progressé très lentement.
Le Monténégro est le seul pays à avoir ouvert tous les chapitres de négociation, tandis que la Serbie n’a ouvert que 22 des 35 chapitres, mais les progrès réels restent négligeables.
Le Kosovo n’a toujours pas obtenu le statut de candidat à l’adhésion, et les espoirs d’un avenir européen continuent de s’amenuiser, la libéralisation des visas restant hors de portée. En Bosnie-Herzégovine, qui n’est pas non plus officiellement candidate, les tensions entre les politiciens locaux continuent de menacer la stabilité et d’entraver les progrès.
Entre-temps, Bruxelles n’a pas réussi à entamer les négociations avec l’Albanie et la Macédoine du Nord, la candidature de cette dernière étant bloquée par la Bulgarie voisine en raison de désaccords sur l’histoire et la langue communes. Des inquiétudes subsistent toutefois concernant l’État de droit, les demandeurs d’asile et le crime organisé, en particulier en provenance de Tirana.
Selon le président français, cette communauté politique européenne permettrait « de structurer plus fortement la relation politique, énergétique, d’investissements avec plusieurs pays qui le souhaitent ».
La présidente moldave Maia Sandu a salué la proposition d’Emmanuel Macron, car, selon elle, la nouvelle communauté politique européenne permettrait d’« appuyer et accélérer » le processus d’adhésion de la Moldavie à l’UE, initié le 3 mars dernier avec le dépôt de la candidature.
Alors qu’Emmanuel Macron avait prévenu, le 9 mai, que l’adhésion de l’Ukraine et des autres pays candidats pourrait prendre « plusieurs années », Mme Sandu a assuré que la Moldavie est prête « à faire des efforts, à travailler » et qu’elle ne cherchait pas « un raccourci » sur le chemin de l’adhésion. Selon elle, la Moldavie a bien « un avenir européen ».
Aux côtés de la présidente moldave, Emmanuel Macron a aussi formulé le vœu que « les prochaines semaines puissent nous permettre d’apporter une réponse claire à la Moldavie qui le mérite, compte tenu de sa situation géopolitique et sécuritaire et humanitaire ».
Selon lui, « les récents incidents [en Transnistrie] montrent qu’une propagation du conflit ne peut pas être exclue ».
La Transnistrie, un territoire non reconnu et soutenu par Moscou qui borde le sud-ouest de l’Ukraine, a enregistré plusieurs explosions ces dernières semaines, suscitant des inquiétudes quant à la possibilité que la Russie soit derrière ces événements.