L’Union européenne veut renforcer le multilinguisme
Une conférence ministérielle, la première du genre, consacrée au multilinguisme s’est tenue à Bruxelles le 14 février 2008 à l’initiative du commissaire en charge du Multilinguisme, Leonard Orban, et de la Présidence slovène. Parallèlement, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la suprématie de l’anglais.
Une conférence ministérielle, la première du genre, consacrée au multilinguisme s’est tenue à Bruxelles le 14 février 2008 à l’initiative du commissaire en charge du Multilinguisme, Leonard Orban, et de la Présidence slovène. Parallèlement, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la suprématie de l’anglais.
En bref :
« Que faire pour que les langues soient des passerelles et non plus des barrières dans notre environnement immédiat » ? C’est la question posée par le commissaire Orban dans son discours introductif de la conférence ministérielle du vendredi 14 février, dont le thème était « Promouvoir le multilinguisme : un engagement commun ».
Cette journée, qui a réuni les ministres de l’Education et de la Culture des vingt-sept, avait un double objectif : explorer les nouveaux domaines dans lesquels des mesures seraient nécessaires en matière de multilinguisme et parvenir à un accord sur des mesures à prendre aux cours des cinq prochaines années.
Les ministres se sont engagés à développer une nouvelle stratégie de promotion du multilinguisme, et plus particulièrement la formation continue linguistique pour tous, y compris pour les plus défavorisés. Le multilinguisme donne à « l’économie européenne un réel avantage compétitif dans le marché global », a conclu le ministre slovène de l’éducation et de la culture, le Dr Milan Zver.
L’Union à vingt-sept compte maintenant 23 langues officielles. Bien qu’ayant un coût très important en termes de traduction, le multilinguisme officiel est une position que défend l’Union comme l’un des éléments qui la rend « plus transparente, plus légitime et plus efficace ».
Toutefois, force est de constater que l’anglais prend une place dominante au sein des institutions européennes, corrélativement à son statut de langue internationale. Devant le français et loin devant l’allemand, c’est la langue la plus utilisée au sein des instances communautaires.
Régulièrement des voix protestent contre cet état de fait. Le journaliste Jean Quatremer reproduit ainsi sur son blog la lettre envoyée par un député italien, Marco Cappato, à ses homologues parlementaires pour protester contre la suprématie de l’anglais et défendre le multilinguisme. Selon ce député, l’utilisation exclusive de la langue anglaise est une menace pour la diversité linguistique – il rapporte que 90 à 95% des langues du monde disparaîtront durant le 21e siècle – et conduit à une discrimination des citoyens européens non anglophone.
La promotion du multilinguisme constitue pourtant une réelle volonté de la Commission européenne. Lors de la conférence, le commissaire Orban a ainsi souligné l’importance pour les immigrés de garder leur langue maternelle – vitale pour leur estime et leur identité – à côté de l’apprentissage de la langue du pays d’accueil – vitale pour leur permettre une bonne intégration.
Courant 2008, la Commission devrait rédiger une communication dans laquelle elle proposera une politique linguistique globale.