L’Union européenne est en «déficit écologique»

Dans son rapport « Planète vivante 2010 », l’ONG WWF révèle la liste des dix pays ayant la plus forte empreinte écologique par individu. Quatre d’entre eux sont des États membres de l’Union européenne.

EURACTIV.fr

Dans son rapport « Planète vivante 2010 », l’ONG WWF révèle la liste des dix pays ayant la plus forte empreinte écologique par individu. Quatre d’entre eux sont des États membres de l’Union européenne.

Dans son rapport « Planète vivante 2010 » l’ONG WWF dresse un constat alarmant du bilan écologique des pays de l’Union européenne. Une partie de cette étude démontre que 20 des 27 États membres de l’UE sont dans une situation de « déficit écologique ». Quatre d’entre eux font aussi parti des dix pays ayant  la plus forte Empreinte Ecologique par individu.

La grande majorité des États européens consomment donc plus de ressources naturelles qu’ils n’ont de réserve. Les 500 millions de citoyens européens (7% de la population mondiale) utilisent deux fois plus de ressources naturelles que la moyenne mondiale souligne le rapport du WWF.

Les pays de l’UE font parties des territoires occidentaux les plus densément peuplés et les plus riches. Mais, selon le directeur du bureau européen du WWF Tony Long, ce stade de développement  a été atteint  « au dépend des pays en voie de développement ainsi que des générations futures ». Il estime que les ressources de la planète ne sont plus suffisantes pour soutenir le déficit écologique européen. « Si tout le monde vivait selon la moyenne européenne, l’équivalent de 2.8 Terres serait requis » pour satisfaire les besoins de ressources naturelles et absorber les émissions de CO², ajoute-t-il. 

L’UE  doit repenser son modèle économique.

« Si l’Europe veut maintenir sa place de leader économique, elle doit réduire sa dépendance aux ressources naturelles (…) en se tournant vers un nouveau mode de croissance », ajoute-t-il. L’ONG souhaite aussi que l’UE établisse des rapports plus équilibrés avec les pays en développement dont elle exploite les ressources naturelles. Selon WWF ces pays sont « littéralement pillés » par les puissances occidentales. Ce déséquilibre a de grave conséquence sur la biodiversité et la situation économique de ces pays.

La conférence de Nagoya (Japon), du 18 au 29 octobre, sur la préservation de la biodiversité est donc un enjeu majeur pour l’UE. Le WWF espère un engagement financier concret des États membres afin d’aider les pays en voie de développement à restaurer et préserver cette biodiversité. Parmi les plans d’actions souhaités par WWF, la mise en place d’un « Protocole d’accès aux bénéfices » réalisés par l’exploitation des ressources naturelles dans les pays en développement. L’ONG espère aussi voir la mise en place d’un fonds de financement dédié à la protection de la biodiversité.

Fusionner les conventions climat et biodiversité ?

La section française de WWF soutient ces objectif mais reste moins optimiste quant à l’issu de la conférence de Nagoya. La convention n’ayant pas de force contraignante, elle ne pourra aboutir que sur des engagements moraux des États participants. En revanche « c’est un porte-voix formidable. La conférence sera fortement médiatisée ce qui permettra de toucher un large public », a déclaré le responsable international du WWF France Jochen Krimphoff. Selon lui, pour avancer concrètement sur le sujet, il faudrait que la biodiversité et climat soient regroupés en une seule et unique convention. Outre une connexion déjà fortement établie entre ces deux enjeux écologique, cette « fusion » fournirait des instruments juridiques et financiers aux actions menées en faveur de la biodiversité.

CALENDRIER :

  • 14 octobre: Conseil Environnement sur la biodiversité
  • 18-29 octobre: Conférence de Nagoya
  • 29 novembre-10 décembre: Conférence de Cancun