L’Ukraine évoque une issue possible à l’affaire Timochenko
Lors d'une réunion avec des journalistes triés sur le volet à Bruxelles hier (25 avril), le premier vice-premier ministre ukrainien, Valeriy Khoroshkovsky, a déclaré que si « tous les problèmes » entre l'Ukraine et l'UE étaient réglés, le parlement à Kiev pourrait adopter une loi permettant de libérer de prison l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko.
Lors d'une réunion avec des journalistes triés sur le volet à Bruxelles hier (25 avril), le premier vice-premier ministre ukrainien, Valeriy Khoroshkovsky, a déclaré que si « tous les problèmes » entre l'Ukraine et l'UE étaient réglés, le parlement à Kiev pourrait adopter une loi permettant de libérer de prison l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko.
M. Khoroshkovsky, un ancien dirigeant des services de sûreté de l'Etat et un proche allié du président, Viktor Ianoukovitch, a déclaré que si l'affaire Timochenko était le seul obstacle à une coopération renforcée entre l'UE et l'Ukraine, ils tâcheraient d'y remédier.
L'ancienne première ministre Ioulia Timochenko purge actuellement une peine de sept ans de prison pour abus de pouvoir. Cette situation est source de tensions entre l'UE et l'Ukraine et a mené au gel des négociations sur un accord de libre-échange très attendu.
M. Khoroshkovsky, qui pourrait bien remplacer l'actuel premier ministre, Mykola Azarov, a affirmé que Kiev comprenait la position de l'Occident face à cette « justice sélective ». Cette expression, prononcée en anglais, fait référence aux décideurs politiques du précédent gouvernement qui sont dans la ligne de mire de M. Ianoukovitch et à la corruption qui semble être monnaie courante au sein de l'actuel gouvernement.
M. Khoroshkovsky parle couramment l'anglais, mais il a préféré s'exprimer en russe pour le reste de son discours.
Quant à savoir si une modification de la législation pourrait régler l'affaire Timochenko, il a affirmé qu'en tant que juriste, il était contre l'idée de modifier les lois pour les adapter au cas d'une seule personne. « Mais je suis sûr que lorsque ce problème deviendra un obstacle majeur à notre stratégie de rapprochement avec l'Union européenne, une majorité de parlementaires se prononceront en faveur de l'adoption d'une décision exceptionnelle en ce sens », a-t-il ajouté.
Lorsqu'EURACTIV lui a demandé de préciser, il a répondu répondu qu'il ne pouvait rien ajouter.
Concernant les problèmes en suspens, il a confirmé que la signature de l'accord d'association était une étape importante vers l'intégration européenne.
M. Khoroshkovsky a toutefois émis des doutes quant aux réelles intentions de l'UE vis-à-vis de son pays. « Si nous n'avions pas l'affaire Timochenko, serions-nous plus proches de l'UE ? » a-t-il demandé.
M. Khoroshkovsky a alors tenté de changer de sujet, mais la plupart des journalistes ont concentré leurs questions sur les articles rédigés par la presse occidentale sur Mme Timochenko qui a entamé une grève de la faim après avoir été tabassée par des gardiens de prison. M. Khoroshkovsky a refusé de commenter la situation avant que les autorités n'aient pu traiter ces accusations.
L'ambassadeur ukrainien Konstantin Yelisieiev a souligné les avantages géopolitiques de l'intégration de l'Ukraine au sein de l'UE : la taille du pays, le dynamisme de sa population et de son économie. Un journaliste lui a rappelé que la Turquie avançait exactement le même type d'arguments, mais qu'elle ne progressait toujours pas dans ses négociations d'adhésion.
M. Khoroshkovsky est intervenu, affirmant que dans ce cas, la Turquie chercherait d'autres partenaires. EURACTIV lui a demandé si cela signifiait que l'Ukraine se tournerait vers la Russie si sa candidature à l'UE échouait et il a hoché la tête en signe d'affirmation. Lorsque la question lui a été posée une seconde fois, il a réitéré ce signe de tête. A la troisième fois, il a répondu « non », déclenchant l'hilarité générale.
Selon certains initiés ukrainiens, M. Khoroshkovsky, qui jouit d'une grande fortune personnelle, a des intérêts personnels au renforcement des relations de son pays avec la Russie. Il a appartient à l'« équipe » de Dmytro Firtash, un oligarque. Cette équipe rassemble le ministre des affaires étrangères, Konstantin Hrtyshchenko, le ministre de l'énergie, Iouri Boïko et d'autres hauts fonctionnaires.
Le groupe Firtash contrôlerait l'industrie chimique ukrainienne qui est l'un des plus grands clients du gaz russe.
A propos des négociations sur le prix du gaz avec la Fédération de Russie, il a affirmé que même si l'Ukraine payait un prix très élevé suite à l'accord conclu par Mme Timochenko, Kiev respecterait son contrat jusqu'à la conclusion d'un nouvel accord.
EURACTIV tient à présenter ses excuses pour l’erreur introduite dans la version initiale de cet article : M. Khoroshkovsky n’a jamais dit que l’Ukraine libérerait Mme Timochenko si l’UE signait l’accord d’association. La version actuelle de cet article reflète ses propos avec exactitude.