L’Ukraine envisage un compromis sur le cas de Ioulia Timochenko
Le Président ukrainien a officiellement validé l’accord d’association avec l’UE. Il a également évoqué le travail en cours pour résoudre le cas de l’ancienne première ministre Ioulia Timochenko, dernier obstacle à la signature de l’accord d’association par l’Union européenne.
Le Président ukrainien a officiellement validé l’accord d’association avec l’UE. Il a également évoqué le travail en cours pour résoudre le cas de l’ancienne première ministre Ioulia Timochenko, dernier obstacle à la signature de l’accord d’association par l’Union européenne.
Le 18 septembre, le gouvernement ukrainien a formellement autorisé la signature de l’accord d’association avec l'Union européenne. Un nouveau pas en direction de la conclusion de cet accord avec l’Union européenne.
Alors que se profile le sommet du partenariat oriental organisé à Vilnius les 28 et 29 novembre, au cours duquel l’accord entre les deux partenaires pourrait être formalisé, la question du sort de l’ancienne chef de gouvernement Ioulia Timochenko demeure une donnée sensible.
« Nous essayons, et c'est le cas aujourd'hui même, de voir comment nous pouvons aborder cette question très difficile ayant trait à Ioulia Timochenko » a déclaré Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch lors d’une conférence à Yalta le 20 septembre. « Pour l'instant, nous n'avons dit ni oui, ni non", au sujet de sa remise en liberté, a-t-il nuancé.
Exigence incontournable de l’UE
La reconsidération de la situation de l’ancienne première ministre, qui purge actuellement une peine de sept ans de prison pour abus de pouvoir, reste une condition sine qua non à la signature du partenariat par les 28 membres de l’UE. La situation de Ioulia Timochenko apparaît à l’heure actuelle comme le principal – voir l’unique – obstacle à la conclusion de l’accord d’association.
« C'est une obligation. L'accord ne sera pas signé si elle n'est pas remplie » a martelé lors de la conférence de Yalta la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'UE.
Malgré l'absence d’annonce concrète, la situation semble s’acheminer vers une solution politique. « Plusieurs de mes interlocuteurs au sein de Parti des Régions ont cité le mot « compromis » sur le dossier Timochenko. J’ai senti qu’il y avait une véritable prise de conscience » affirme le sénateur Hervé Maurey (UDI), président du groupe interparlementaire d'amitié France-Ukraine, à l’issu d’un voyage parlementaire en Ukraine en septembre. Parmi les solutions évoquées, le transfert en Allemagne de Ioulia Timochenko afin d'y recevoir des soins médicaux apparaît comme l'option la plus probable.
Des réformes consensuelles
« J’ai bon espoir que l’Ukraine fasse un geste suffisamment fort et symbolique avant le sommet de Vilnius afin de débloquer le dossier. Le Président Ianoukovitch a tout intérêt à faire avancer la situation car il ne sortira pas renforcé d’un échec des négociations avec l’UE alors que les élections présidentielles se profilent à l’horizon 2015 » poursuit-il. « Le cas Timochenko est le véritable point de blocage, car sur le plan des réformes législatives exigées par l’UE, les avancées sont rapides et consensuelles entre les députés de la majorité et de l’opposition » détaille le sénateur français.
Depuis l’ouverture de la saison parlementaire le 3 septembre, le Président Viktor Ianoukovitch a demandé aux députés du Parti des régions (parti majoritaire) de voter les lois nécessaires à la signature de l'accord. Dans la foulée, les députés ont approuvé un premier paquet de mesures qui devraient ouvrir la voie vers une intégration renforcée avec l'UE.
Reste que l’Ukraine doit ensuite réussir à appliquer ces nouvelles lois. « Le problème ce n’est pas tant l’adoption des textes législatifs que leur application. Sans faire de procès d’intention, ce constat est formulé par de nombreux observateur » souligne Hervé Maurey.