L’Ukraine demande à l’UE de l’accueillir en Occident

L’ambassadeur de l’Ukraine auprès de l’UE, Kostiantyn Yelisieiev, a argué que si les prochaines élections législatives dans son pays (28 octobre) s’avéraient libres et justes, l’Union devrait alors se résoudre à signer l’accord d’association qui, selon lui, permettrait de faire progresser son pays vers l’Occident.

EURACTIV.com
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L’ambassadeur de l’Ukraine auprès de l’UE, Kostiantyn Yelisieiev, a argué que si les prochaines élections législatives dans son pays (28 octobre) s’avéraient libres et justes, l’Union devrait alors se résoudre à signer l’accord d’association qui, selon lui, permettrait de faire progresser son pays vers l’Occident.

 

L'ambassadeur, Konstantin Yelisieiev, a expliqué que son pays faisait des efforts pour être « aussi ouvert que possible » et convaincre l'UE qu'il mérite son soutien.

 

« Si nous signons l'accord d'association, nous mettrons un terme aux discussions sur la direction que devrait prendre l'Ukraine, à savoir l'est ou l'ouest. Ce sera le point de non-retour », a déclaré le diplomate à la presse à Bruxelles le 19 septembre.

 

Les élections législatives ukrainiennes sont prévues le 28 octobre : 225 membres du parlement seront élus dans le cadre d'un scrutin de liste et 225 dans les circonscriptions.

 

L'ambassadeur a expliqué que 700 observateurs du Bureau pour les institutions démocratiques et les droits de l'Homme de l'OSCE (BIDDH) seraient sur le terrain. Six cents d'entre eux seront sur place pour des missions à court terme, et 100 pour des missions à long terme, ce qui signifie qu'ils superviseront également la campagne. Au total, quelque 5000 observateurs seront présents et cette mission du BIDDH sera la plus ambitieuse de l'histoire de l'organisation, a-t-il affirmé.

 

Très ouverts

 

M. Yelisieiev a précisé que la Russie n'avait invité que 200 observateurs pour ses élections présidentielles de cette année.

 

« Nous sommes très ouverts. Il n'y a aucune limite. Il reviendra aux observateurs de choisir la région qu'ils comptent visiter », a-t-il ajouté.

 

Il a expliqué qu'au moins quatre partis devraient dépasser le seuil des 5 % et donc entrer au parlement : le Parti des régions du président Viktor Ianoukovitch, le Parti de l'opposition unie (le parti Batkivschyna de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko en coalition avec le Front pour le changement d'Arseni Iatseniouk), le parti Oudar du boxeur Vitali Klitschko, qui, selon l'ambassadeur, jouit de 11-12 % d'intentions de vote, et le Parti communiste.

 

Il a déclaré que deux partis étaient proche du seuil de 5 %, mais qu'ils ne l'atteindraient probablement pas : Svoboda, qu'il a qualifié de radical-nationaliste, et le parti libéral Ukraine – En avant !, le parti de Natalia Korolevska qui est parvenu à recruter le footballeur mondialement connu Andriy Chevtchenko.

 

Lorsque les journalistes lui ont demandé s'il pensait que ces élections seraient reconnues justes et libres alors que Mme Timochenko n'a pas pu se présenter comme candidate, M. Yelisieiev a répondu que ses partisans étaient libres de voter pour son parti. Il a même ajouté que cette situation pourrait encourager plus d'électeurs à voter pour elle.

 

M. Yelisieiev s'est également dit frustré quant au risque qu'aucun sommet UE-Ukraine ne soit organisé cette année. En général, ces sommets ont lieu une fois par an. Celui de l'an dernier a eu lieu en décembre à Kiev. Il a par ailleurs admis qu'à ce stade, il était impossible de prévoir le programme d'un tel sommet.

 

« L'UE n'a pas de stratégie vis-à-vis de l'Ukraine », a déclaré le diplomate.

 

Un prix élevé pour rester à l'écart de la Russie

 

Dans une tentative de convaincre les médias de la position pro-européenne de son gouvernement, M. Yelisieiev a expliqué que l'Ukraine payait très cher son refus de rejoindre l'union douanière soutenue par Moscou et qui rassemble la Russie, la Biélorusse et le Kazakhstan.

 

L'Ukraine paie un prix excessivement élevé pour son gaz russe en comparaison aux autres pays. Les Ukrainiens importent environ deux tiers du gaz qu'ils consomment de la Russie au prix de 425 dollars (340 euros) les 1000 mètres cubes au second semestre, contre 416 dollars (333 euros) au premier semestre.

 

La Russie a annoncé qu'elle n'abaisserait ses prix pour l'Ukraine que si Gazprom était autorisée à acheter des gazoducs ukrainiens. L'Ukraine a jusqu'à présent refusé de céder.