L'UKIP entre au Parlement britannique

Après un premier succès lors des élections européennes de mai, les europhobes du Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) ont remporté un premier siège à la Chambre des communes, à sept mois des élections législatives.

EURACTIV.fr avec Reuters
L’UKIP entre au Parlement britannique (Credit: [BasPhoto]/Shutterstock)
L'UKIP entre au Parlement britannique (Credit: [BasPhoto]/Shutterstock)

Après un premier succès lors des élections européennes de mai, les europhobes du Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) ont remporté un premier siège à la Chambre des communes, à sept mois des élections législatives.

L’UKIP, hostile au maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne et partisan d’un durcissement de la politique d’immigration, était donné gagnant de cette législative partielle organisée le 9 octobre à Clacton-on-Sea, une station balnéaire du sud-est de l’Angleterre. Mais l’ampleur inattendue de sa victoire dans la circonscription, et son score honorable dans une autre législative partielle le même jour constituent une surprise.

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A Clacton, le candidat de l’UKIP, Douglas Carswell, un transfuge du Parti conservateur, a remporté 60 % des suffrages. Il n’avait pas présenté de candidat lors des législatives de 2010.

Dans l’autre circonscription, Heywood & Middleton, dans la région de Manchester, fief traditionnel de l’opposition travailliste, l’UKIP a obtenu près de 39 % des suffrages, contre moins de 3 % en 2010, et seulement deux points de moins que le Labour (41 %) qui conserve donc son siège de justesse.

« Il n’y a rien que nous ne puissions obtenir », a déclaré le nouveau député UKIP, Douglas Carswell, qui a démissionné fin août du Parti conservateur du premier ministre David Cameron, provoquant ce scrutin partiel.

Citant un célèbre discours du président américain Abraham Lincoln et les mots de John Wycliffe, un traducteur dissident de la Bible du XIVe siècle, Douglas Carswell a dit soutenir le « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

« Très blanche, très âgée »

« Les gouvernants ne peuvent plus faire comme s’ils savaient ce qui est bon pour les gouvernés », a-t-il déclaré juste après avoir été désigné vainqueur. « Le corporatisme des copains ça n’est pas le marché libre. Des cartels politiques privilégiés ça n’est pas la démocratie sérieuse. Le changement arrive. »

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Il est peu probable que l’UKIP gagne plus d’une dizaine des 650 sièges qui seront à pouvoir à Westminster lors des législatives de mai prochain. Mais son succès croissant va diviser l’électoral conservateur, voire celui des socialistes et rendre plus difficile l’obtention d’une majorité absolue.

Cela accroît la probabilité d’une Chambre des communes sans majorité et donc d’un nouveau gouvernement de coalition.

D’un point de vue démographique, Clacton est la circonscription idéale pour l’UKIP, selon deux universitaires, Matthew Goodwin et Robert Ford interrogé avant le scrutin.

« Elle est très blanche, très âgée, très ouvrière, beaucoup de difficultés économiques. Il y a aussi une anxiété accrue à propos de l’immigration et de l’Europe », a déclaré Matthew Goodwin.

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La défaite à Clacton, tout en représentant un coup dur pour David Cameron, sera gérable, estiment les analystes conservateurs. Ils se montrent davantage préoccupés par une éventuelle défaite dans une autre législative partielle, prévue en novembre à Rochester dans le sud de l’Angleterre.

Le candidat de l’UKIP, Mark Reckless, un autre ex-conservateur, est considéré comme beaucoup plus vulnérable que Douglas Carswell.