L’UE veut s’attaquer à l’évasion fiscale en Grèce

  Des centaines de fiscalistes tenteront d'aider la Grèce à lutter contre l’évasion fiscale des citoyens aisés et des entreprises. Selon le groupe de travail de la Commission européenne pour la Grèce, les impôts impayés sont en effet une priorité.

/ EURACTIV.fr
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Des centaines de fiscalistes tenteront d'aider la Grèce à lutter contre l’évasion fiscale des citoyens aisés et des entreprises. Selon le groupe de travail de la Commission européenne pour la Grèce, les impôts impayés sont en effet une priorité.

Les entreprises et les citoyens devraient environ 60 milliards d'euros d'impôts impayés à l'Etat grec, mais seuls 8 milliards pourraient être payés, selon le rapport du second groupe de travail publié vendredi (16 mars).

Seuls 956 milliards d'euros ont été perçus en 2011 et selon ce rapport, l'un des principaux défis de la Grèce est d'améliorer la collecte de l'impôt et de lutter contre l'évasion fiscale.

Selon le groupe de travail, douze Etats membres ont envoyé des fiscalistes en mission pour aider la Grèce à résoudre ses problèmes en la matière. L'Allemagne a rassemblé 160 experts, dont certains étaient à la retraite mais ont décidé de se porter volontaires pour participer à cette mission.

Les experts danois et français ont été envoyés pour aider le pays en matière de collecte de l'impôt auprès des citoyens les plus aisés. Les experts espagnols, quant à eux, conseilleront les autorités sur les grands organismes payant des impôts, peut-on encore lire dans ce rapport.

Accords avec les autres Etats membres sur l'évasion fiscale

Le gouvernement grec devrait conclure une série d'accords internationaux de coopération avec d'autres Etats membres, pour empêcher que les citoyens grecs qui ont investi leur argent dans des biens étrangers n'échappent à leurs responsabilités nationales.

« Diverses solutions sont examinées dans le but d'aider la Grèce à accroître ses recettes fiscales sur les très grandes sommes d'argent qui seraient envoyées en Suisse par les Grecs », a expliqué le groupe de travail.

Ce rapport a été publié au cours de la même semaine que la divulgation d'informations sur des mesures internes de lutte contre la corruption dans le pays.

Les premiers pas des autorités grecques

Fait inhabituel, 100 fonctionnaires ont été suspendus dans le cadre d'une opération de la police financière grecque suite à l'arrestation de deux d'entre eux pour avoir alloué des subventions à l'investissement en échange de pots-de-vin.

L'ancienne commissaire européenne et actuelle ministre du développement, Anna Diamantopoulou, a déclaré : « Nous allons dénouer ce réseau de corruption. »

Lors de la présentation du rapport du groupe de travail à Bruxelles vendredi, Horst Reichenbach a déclaré qu'il était nécessaire de faciliter l'utilisation des fonds de cohésion pour des projets solides en faveur de la croissance en Grèce.

Il a affirmé que le président de la Commission, José Manuel Barroso, publierait un nouveau rapport en avril prochain. Ce rapport devrait contenir des mesures visant à stimuler la croissance dans le pays.

M. Reichenbach a expliqué que le rapport de M. Barroso se concentrerait sur des réformes et des mesures structurelles dont l'objectif serait de créer un meilleur environnement pour la création d'entreprises en Grèce.