L’UE veut des "voitures vertes" dans les villes d’ici 2050
La Commission européenne prévoit d’abandonner les voitures à moteur thermique (essence ou diesel) et au gaz d’ici 2050, indique un projet consulté par EURACTIV.com.
La Commission européenne prévoit d’abandonner les voitures à moteur thermique (essence ou diesel) et au gaz d’ici 2050, indique un projet consulté par EURACTIV.com.
Un quart des émissions de gaz à effet de serre vient aujourd’hui des transports. L’UE s’est fixée pour objectif de réduire de 60% leurs émissions de CO2 d’ici 2050.
Pour y parvenir, la Commission propose la réduction significative des gaz à effet de serre dans les réseaux routiers. Bruxelles prévoit également d’augmenter le trafic ferroviaire, selon un projet consulté par EURACTIV.com.
La « feuille de route » de la Commission, qui doit être officiellement présentée lundi 28 mars, vise principalement les transports routiers urbains et de marchandises. L’objectif d’aboutir à des villes sans voitures à moteurs thermiques d’ici 2050 sera réalisé grâce à la mise en œuvre de mesures fiscales, la promotion de systèmes de transport alternatifs et la construction des infrastructures nécessaires pour passer à une utilisation plus répandue des voitures électriques et propres.
Les taxes et les frais devraient être plus élevés pour les véhicules polluants en application du principe du pollueur payeur. Bruxelles propose de revoir les règles et les pratiques nationales en fonction de ce principe dans les États où ce n’est pas encore le cas.
En dernier ressort, la Commission envisage de procéder à l’« internalisation totale et obligatoire des coûts externes ». En clair, faire en sorte que les prix payés par les consommateurs pour utiliser les transports comprennent les coûts liés à ceux-ci comme la pollution, le bruit ou les encombrements sur les routes.
Exploiter le potentiel des rivières
Dans sa feuille de route pour un espace européen unique du transport, l’exécutif de l’UE envisage différentes manières d’accroître l’utilisation d’autres moyens de mobilité que les voitures à moteurs thermiques, c’est-à-dire essence et diesel. L’exploration du « potentiel inutilisé du transport fluvial » est l’une des options.
Le passage aux voitures électriques et aux véhicules propres est également un objectif clé et était déjà mentionné dans un document publié en avril dernier. Afin d’y parvenir, la Commission prévoit d’aboutir à une logistique urbaine sans CO2 dans les capitales européennes majeures d’ici 2030, peut-on lire dans la feuille de route qui sera publiée la semaine prochaine.
La promotion des marchés publics communs pour des véhicules à faibles émissions dans les flottes commerciales, comme les camions de livraison ou les taxis, est également envisagée.
Réduire le transport routier de marchandises
Bruxelles souhaite également transférer 30 % du trafic routier de marchandises de plus de 300 km sur d’autres modes de transport comme le ferroviaire ou par voie d’eau d’ici 2030. Cet objectif devrait être élevé à plus de 50 % à l’horizon 2050. Le transport routier de marchandises dans l’UE est quatre fois plus important que celui qui s’effectue par voie ferroviaire.
Ce changement s’effectuera sans doute par une augmentation des taxes pour le transport routier. Il sera le premier à être touché par l’application de telles mesures alors que le volume de son trafic a décliné de 10% à cause de la crise économique, selon Eurostat.
Cet objectif est conforme aux ambitions de l’UE. Il est également justifié par les conséquences sur l’environnement liées la circulation des camions et des poids lourds. Le risque de cette mesure est que certains pays soient plus affectés que d’autres en matière d’exportations.
Les taxes sur le transport routier de marchandises sont déjà très élevées dans les pays d’Europe centrale par lesquels les camions étrangers ont plus de chances de transiter. La République tchèque, l’Allemagne et l’Autriche sont en tête, selon les chiffres de l’OCDE.
Si ces taxes augmentent, elles pourront représenter un avantage concurrentiel pour les pays de transit mais constituer un sérieux désavantage pour les États membres périphériques et donc pour l’ensemble du commerce intérieur de l’UE.
Pour être efficaces, ces objectifs doivent offrir des alternatives viables (comme le ferroviaire ou les cours d’eau) et des moyens financiers pour les développer. Ce n’est toutefois pas le cas dans la mesure où il est de plus en plus difficile d’avoir accès à des financements pour les transports dans l’UE, arguent les détracteurs du projet.