L’UE supprimera progressivement les ampoules énergivores [FR]

Hier (18 mars), la Commission européenne a adopté officiellement deux règlements qui visent à améliorer l’efficacité énergétique des ampoules des maisons et des bureaux, ainsi que des produits d’éclairage public et industriel. Parallèlement, des sources de l’industrie ont déclaré que des systèmes d’éclairage intelligents permettront de réaliser de plus grandes économies d’énergie. 

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Hier (18 mars), la Commission européenne a adopté officiellement deux règlements qui visent à améliorer l’efficacité énergétique des ampoules des maisons et des bureaux, ainsi que des produits d’éclairage public et industriel. Parallèlement, des sources de l’industrie ont déclaré que des systèmes d’éclairage intelligents permettront de réaliser de plus grandes économies d’énergie. 

Les mesures supprimeront progressivement toutes les ampoules à incandescence et les lampes halogènes inefficaces d’ici à 2012 (EURACTIV 09/12/08). D’ici là, les ménages pourront choisir entre des lampes fluorescentes compactes, qui utilisent jusqu’à 75 % d’énergie de moins que les ampoules traditionnelles, ou les lampes halogènes efficaces, dont les économies énergétiques vont de 25 à 50 %. 

Selon la Commission, les deux mesures adoptées conformément à la directive européenne sur l’écoconception réduiront les factures énergétiques des Européens de 11 milliards chaque année, soit la consommation en électricité de la Belgique jusqu’à 2020. Ces mesures réduiront en outre les émissions de CO2 de 32 millions de tonnes, a indiqué l’exécutif européen. 

Le chemin vers l’adoption de ces mesures a toutefois été semé de quelques d’embûches. Des préoccupations ont été exprimées par rapport au fait que les lampes fluorescentes compactes pourraient avoir un impact néfaste sur les personnes souffrant d’épilepsie, de lupus, des migraines et d’autisme, par exemple. Le taux de mercure contenu dans certaines lampes halogènes a également été accusé de remplacer un problème environnemental par un autre. 

La Commission a toutefois indiqué qu’une commission scientifique s’était penchée sur les aspects sanitaires et avait conclu que les nouvelles lampes ne représentent aucun danger pour la santé. Ferran Tarradellas Espuny, porte-parole de la Commission pour l’Energie, a indiqué que les préoccupations relatives au mercure étaient infondées, car les niveaux présents dans les ampoules sont acceptables selon la législation de l’UE. En fait, les nouvelles réglementations réduiraient le taux de mercure en diminuant la demande énergétique des centrales au charbon, qui émettent du mercure lors du processus de fabrication. 

Les ONG environnementales, quant à elles, ont salué l’interdiction relative aux ampoules inefficaces. Cette mesure attendue de longue date améliorera selon elles l’efficacité énergétique de l’Europe (EURACTIV 14/10/08).

Premier pas vers un éclairage intelligent

Certains représentants de l’industrie ont toutefois indiqué que les mesures ne constituent rien de plus qu’une première étape vers un éclairage efficace en Europe. Des représentants d’Honeywell, producteur de systèmes d’éclairage, ont critiqué les grandes entreprises fabriquant des ampoules d’envahir de leurs intérêts l’agenda de l’UE. 

Ce n’est qu’un aspect de la question, ont-ils indiqué, précisant que d’importantes économies peuvent être réalisées simplement en éteignant les lumières lorsque l’on n’en a pas besoin. Quelle que soit l’efficacité du système, si les lumières restent allumées sans nécessité, alors il y a gaspillage, ont-ils ajouté. 
Honeywell a expliqué que l’ultime étape en matière d’économie énergétique sera d’installer des capteurs sur les plafonds afin d’activer l’éclairage lorsqu’une personne entre dans une pièce. Les capteurs éteindront automatiquement les lumières lorsque la personne en sortira. 

Ce type de système intelligent peut être installé dans de nombreux environnement, des bureaux aux usines, mais ils sont trop coûteux pour pouvoir être envisagés pour les bâtiments résidentiels. 

Citant différentes études, Honeywell estime que les capteurs pourraient permettre 30 % d’économie énergétique dans les bâtiments non-résidentiels, où l’éclairage représente 26 % du total de l’énergie consommée. Cela représenterait une économie d’énergie annuelle de 4,2 milliards d’euros selon l’entreprise, laquelle souhaite attirer l’attention de l’UE sur cet aspect de l’efficacité énergétique souvent passé sous silence. 

Selon Honeywell, l’investissement dans un tel système d’éclairage porterait ses fruits en un an environ, le rendant financièrement rentable.