L'UE souhaite que la Serbie reste sur le chemin de l'intégration européenne [FR]

Deux jours après l'effrondrement du gouvernement serbe, les ministres européens des Affaires étrangères se sont réunis et ont appelé Belgrade à ne pas pas tourner le dos à l'Europe. Ils ont également demandé aux citoyens serbes de ne pas soutenir les nationalistes lors des élections à venir.

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Deux jours après l’effrondrement du gouvernement serbe, les ministres européens des Affaires étrangères se sont réunis et ont appelé Belgrade à ne pas pas tourner le dos à l’Europe. Ils ont également demandé aux citoyens serbes de ne pas soutenir les nationalistes lors des élections à venir.

Suite à la réunion du 10 mars, le commissaire chargé de l’Elargissement, Olli Rehn, a déclaré qu’il était évident que l’UE était convaincue de l’avenir européen de la Serbie et que le pays devait aujourd’hui prendre une décision cruciale. M. Rehn a indiqué que la Serbie pouvait soit prendre la décision de rejoindre l’UE, soit celle de s’isoler volontairement. Ainsi, il a clairement indiqué que la seconde option la mènerait dans une impasse. 

Le gouvernement serbe a récemment reporté la signature de deux accords avec l’UE, craignant qu’ils n’impliquent la reconnaissance de la déclaration dl’indépendance du Kosovo (EURACTIV 07/02/2008).

Le Premier Ministre nationaliste serbe, Vojislav Kostunica, a annoncé le 8 mars que le gouvernement ne pourrait plus travailler avec le parti démocrate du président Boris Tadic. Il a fait allusion aux différences insurmontables liées au Kosovo et à l’intégration de la Serbie à l’UE (EURACTIV 10/03/08). 

Le gouvernement a déclaré hier (le 10 mars) qu’il avait été établi qu’il n’avait plus de politiques unies et communes. Ainsi, il propose de dissoudre le Parlement et d’organiser de nouvelles élections le 11 mai prochain. Le président Boris Tadic devrait faire une déclaration officielle cette semaine.

Le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE, Javier Solana, a assuré que l’union européenne soutiendrait la Serbie, mais a mis en garde le pays contre les tendances nationalistes.

Parallèlement, les ministres ont rappelé les perspectives d’adhésion à l’UE de la Bosnie, la Croatie, la Macédoine et le Monténégro.

Des inquiétudes subsistent néanmoins concernant province géorgienne séparatiste, l’Abkhazie, qui a appelé la communauté internationale à reconnaître sa déclaration d’indépendance la semaine dernière (le 8 mars), suivant l’exemple du Kosovo le 17 février dernier (EURACTIV 18/02/08). 

Suite à la réunion des ministres, la commissaire chargée des Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a déclaré que l’intégrité territoriale de la Georgie avait toujours été clairement soutenue par l’UE. Elle a également exprimé l’inquiétude croissante de l’UE en ce qui concerne l’éventuelle reconnaissance de la déclaration d’indépendance de l’Abkhazie par la Russie suite à la levée des sanctions commerciales sur la province la semaine dernière. 

L’actuel président du Conseil de l’UE, le Premier Ministre slovénien Dimitrij Rupel, a souligné que toute comparaison avec la situation au Kosovo était inacceptable et qu’il s’agissait d’un problème « sui generis ».

Ainsi, jusqu’à présent, 15 Etats de l’UE – notamment l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie – ont reconnu l’indépendance du Kosovo et cinq autres Etats sont sur le point de le faire. L’Espagne et quatre autres Etats membres restent opposés à la déclaration d’indépendance du Kosovo.