L'UE se porte « moyennement » alors que la France reprend la présidence [FR]
Dans la nuit du 30 juin, à minuit, la France a repris la présidence tournante de l’UE pour une durée de six mois. Le président Nicolas Sarkozy appelle à de « profonds changements » dans la façon de construire l’Europe suite au « non » irlandais au traité de Lisbonne.
Dans la nuit du 30 juin, à minuit, la France a repris la présidence tournante de l’UE pour une durée de six mois. Le président Nicolas Sarkozy appelle à de « profonds changements » dans la façon de construire l’Europe suite au « non » irlandais au traité de Lisbonne.
La cérémonie officielle de passage de relais a eu lieu dans la ville slovène de Nova Gorica, où le ministre des Affaires étrangères de la Slovénie Dimitrij Rupel a symboliquement transmis un bâton de relais et un drapeau de l’UE à son successeur, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Aujourd’hui, les Slovènes remettent l’Union européenne entre les mains des Français, a déclaré M. Rupel à M. Kouchner, en ajoutant qu’au moment de ce passage de relais, l’UE se porte bien. Mais le ministre français a rétorqué que selon lui, l’UE se porte « moyennement ».
En s’adressant à la télévision française à la veille de la reprise de la présidence, Nicolas Sarkozy a fait écho au sentiment de son ministre des Affaires étrangères suite au « non » irlandais au traité de l’UE, affirmant : « ça ne va pas. Ça ne va pas du tout ».
« L’Europe inquiète et, pire, je trouve que peu à peu nos concitoyens se demandent si finalement l’échelon national n’est pas mieux à même de les protéger que l’échelon européen », a-t-il expliqué.
Tout en appelant une telle approche « un retour en arrière », il l’a également justifié en affirmant : « il y a eu erreur dans la façon de construire l’Europe ».
Il a conclu : « il faut donc changer profondément notre façon de construire l’Europe ».
La principale priorité de la présidence française de l’UE sera de limiter le problème à l’Irlande, a déclaré M. Sarkozy, en insistant sur le fait que les autres pays de l’UE doivent continuer le processus de ratification du traité.
Il a affirmé qu’il ne faut pas se précipiter, mais qu’en même temps, il n’y a beaucoup de temps, rappelant ainsi que les dirigeants de l’UE ont fixé les élections du Parlement européen en juin 2009 comme date limite pour l’approbation du traité de Lisbonne.
Mais l’humeur ne semble pas au beau fixe dans l’Union, notamment suite aux annonces des présidents polonais et allemand qui ont déclaré hier, 30 juin, qu’ils ne ratifieraient pas le traité pour le moment.
Plus de protection
Selon M. Sarkozy, l’idée européenne sera menacée aussi longtemps que les Européens ne seront pas protégés. Il a ajouté qu’il ne faut pas avoir peur du mot « protection ».
Il a affirmé qu’il souhaite y contribuer. L’une des idées présentées pour contribuer à « protéger » les citoyens européens est une réduction de la taxe sur la valeur ajoutée, appliquée à l’ensemble de l’Europe, sur les factures de restaurant et le carburant afin d’aider les consommateurs à faire face à la flambée actuelle des prix des produits alimentaires et de l’énergie. Mais jusqu’à présent, son appel n’a reçu que peu de soutien des autres Etats membres.