L'UE se mobilise pour les Philippines

Le commissaire européen en charge du développement, Andris Piebalgs, s'est rendu aux Philippines après le passage du typhon Haiyan. Lors de sa visite, il annoncé le déploiement de 10 millions d'euros pour la réhabilitation des zones affectées par la tempête.

EURACTIV.fr
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Le commissaire européen en charge du développement, Andris Piebalgs, s'est rendu aux Philippines après le passage du typhon Haiyan. Lors de sa visite, il annoncé le déploiement de 10 millions d'euros pour la réhabilitation des zones affectées par la tempête.

Cette somme s'ajoute aux 3 millions d'euros débloqués deux jours auparavant par Kristalina Georgieva, la commissaire en charge de l'aide humanitaire.

Outre l'aide humanitaire, le commissaire letton a indiqué que l'UE mettait déjà des ressources à disposition pour la réhabilitation et la reconstruction. Objectif : assurer une transition en douceur entre la gestion de la crise et la reconstruction de la vie des habitants.

« Nous aimerions qu'il n'y ait pas d’écart entre les secours d'urgence et les actions à long terme. Pour ce faire, nous coopérerons étroitement avec le gouvernement et les partenaires de développement », selon Andris Piebalgs.

L'eau, la réhabilitation des sanitaires, la réparation des réseaux d'électricité, des soins de santé élémentaires, des moyens de subsistance, l’offre d’un refuge… Autant de domaines dans lesquels il est possible d’intervenir. Les infrastructures devraient également être réparées pour mieux résister aux prochains typhons ou tremblements de terre.

Valerie Amos, secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et coordonnatrice des secours d'urgence, a demandé depuis Manille, la capitale philippine, l'envoi de 300 millions de dollars (223 millions d'euros).

Selon l'ONU et d'autres agences humanitaires, la logistique du transport reste le plus grand défi. Les infrastructures sont fortement endommagées et de nombreux débris bloquent les aéroports, les routes et d'autres voies d’accès. Les lignes électriques ont été coupées et, à certains endroits, de gros navires ont été projetés à l'intérieur des terres.

D'après le Programme alimentaire mondial de l'ONU, la destruction des infrastructures a transformé les efforts humanitaires en un « cauchemar logistique ». L'agence a demandé à la communauté internationale d'allouer 83 millions de dollars (62 millions d’euros) pour la logistique, la nourriture et l'équipement de télécommunications d'urgence.

Haiyan et la Syrie : les plus grands défis

Selon des fonctionnaires de la Commission, le typhon Haiyan et la guerre civile en Syrie sont probablement les plus grands défis en matière d'aide humanitaire cette année.

EURACTIV s'est rendu au Centre européen de réaction d'urgence à Bruxelles. Cet organe coordonne sans relâche les actions de l'Union en Syrie et aux Philippines.

Selon Simon Horner de la DG Aide humanitaire et protection civile (ECHO), le centre a pour objectif d'assurer la coordination entre les États membres et de garantir que les aides correspondent aux besoins sur le terrain.

Le conseiller en opérations humanitaires et de protection civile affirme que Haiyan est certainement la plus grande tempête de la dernière décennie, et peut-être même des Temps modernes. L’amplitude du cyclone Nargis, qui a frappé la Birmanie en 2008, était plus petite. La catastrophe a néanmoins tué près de 80 000 personnes. La Birmanie n'est pas bien préparée à la gestion des tempêtes, à l'inverse des Philippines, selon le fonctionnaire européen.

« La préparation [aux situations d'urgence] est très importante à nos yeux. Cela fait partie de notre travail en réalité : nous aidons les communautés à se préparer aux catastrophes. Quand elles sont aussi importantes, les gens sont accablés. Mais la situation aurait pu être bien plus grave si ce type d'évacuation n'existait pas par exemple », poursuit-il.

EURACTIV lui a demandé si les actions de l'UE dans des régions éloignées apportaient une valeur ajoutée. M. Horner a répondu que l'Union disposait de son propre système de navigation par satellites, GDAC. Ce qui lui a permis de prévenir la catastrophe et d'envoyer des experts supplémentaires aux Philippines avant l’arrivée du typhon.

L'UE est non seulement le plus grand donateur au monde, mais dispose également d'un réseau unique d'experts au courant des situations locales. Ils sont capables de réagir très rapidement.

« En gros, nous pouvons décrocher le téléphone et les envoyer très rapidement par avion dans une zone de crise », a-t-il expliqué.

L'aide humanitaire de 3 millions d'euros sera transférée par l'intermédiaire d'organisations, telles que la Croix-Rouge des Philippines, a précisé Simon Horner. Il a ajouté que l'Union agissait sous la forme de financements et coordonne aussi les donations des États membres.

Il a toutefois souligné que les besoins sur le terrain dépassaient très largement les capacités disponibles.