L'UE salue la libération de deux prisonniers politiques au Bélarus

Le président du Bélarus, Alexandre Loukachenko, a libéré deux leaders de l'opposition ce week-end, une décision saluée par l'Union européenne qui a appelé à la libération de tous les autres prisonniers politiques.  

EURACTIV.fr / Reuters
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Le président du Bélarus, Alexandre Loukachenko, a libéré deux leaders de l'opposition ce week-end, une décision saluée par l'Union européenne qui a appelé à la libération de tous les autres prisonniers politiques.
 

Catherine Ashton, la haute responsable de l'UE pour la politique étrangère, a salué la libération de l'ancien candidat aux présidentielles Andreï Sannikov et de son conseiller de campagne, Dmitri Bandarenka.

« Je demande aux autorités du Bélarus de libérer sans condition et dès à présent tous les autres prisonniers politiques et de lever toutes les restrictions liées au respect de leurs droits civils et politiques. Cela contribuerait certainement à l'amélioration des relations entre l'UE et le Bélarus », a déclaré Mme Ashton dans un communiqué.

M. Sannikov, ancien vice-ministre des affaires étrangères et candidat aux présidentielles, avait été condamné à cinq ans de prison l'année dernière après avoir participé à une manifestation contre la réélection de M. Loukachenko en décembre 2010.

Samedi, M. Loukachenko a annoncé que M. Sannikov était sorti de sa prison de haute sécurité après s'être vu accorder la grâce présidentielle. Cette décision apaisera sans doute les relations diplomatiques entre Minsk et l'Union européenne qui réclamait sa libération depuis un moment déjà.

« Ma libération est le résultat de la solidarité, sans solidarité, [Alexandre Loukachenko] n'aurait pas pris cette décision », a déclaré M. Sannikov à Reuters par téléphone depuis la ville de Vitebsk.

« A présent, ce que je veux, c'est voir ma famille… Ma peine de prison aurait dû se terminer en septembre dernier. Puis la torture a commencé », a-t-il expliqué.

M. Sannikov est l'un des leaders de l'opposition dans ce pays autoritaire et sa femme, une journaliste, a également été jetée en prison par les autorités. Elle a toutefois été libérée depuis.

L'UE réclamait la libération de M. Sannikov depuis longtemps. Elle a imposé des interdictions de voyager ainsi que des gels d'actifs à plusieurs fonctionnaires et hommes d'affaires bélarussiens pour tenter d'obtenir sa relaxe.

Ces pressions ont entraîné un conflit diplomatique avec Minsk en février dernier, ce qui a mené au départ des ambassadeurs de l'Union des Vingt-Sept situés à Minsk.

M. Sannikov s'était présenté contre M. Loukachenko lors du scrutin de 2010 qui, selon les observateurs occidentaux, a été entaché de nombreux cas de fraude. M. Loukachenko, ancien responsable d'une ferme collective soviétique, avait alors remporté un quatrième mandat.

M. Sannikov avait d'abord refusé de demander la grâce présidentielle à M. Loukachenko, mais il a finalement déposé une requête en décembre dernier suite à ce qu'il a décrit comme des menaces à l'encontre des membres de sa famille.

D'autres acteurs politiques et militants de l'opposition avaient été emprisonnés suite à la manifestation suivant l'élection, mais la plupart d'entre eux ont été relâchés peu après.

M. Loukachenko dirige le Bélarus depuis 1994. Il tolère peu la contestation et maintient un système économique de style soviétique avec des prix artificiellement peu élevés, un secteur public important et presque pas de chômage.

Il dépend fortement du soutien financier de Moscou qui fournit au pays de l'énergie bon marché et lui fait bénéficier d'autres avantages, dans la mesure où le Bélarus est considéré par la Russie comme une zone tampon entre l'OTAN et Moscou.

Les militants des droits de l'Homme affirment que 15 personnes sont toujours détenues dans les prisons bélarussiennes pour des raisons politiques.