L'UE s'oriente vers la levée des sanctions contre l’Iran après l’accord sur le nucléaire
L’Union européenne, comme les Etats-Unis, a prolongé de six mois le gel de ses sanctions contre l'Iran, après l'accord historique sur le programme nucléaire iranien conclu à Vienne le 14 juillet entre les grandes puissances et Téhéran.
L’Union européenne, comme les Etats-Unis, a prolongé de six mois le gel de ses sanctions contre l’Iran, après l’accord historique sur le programme nucléaire iranien conclu à Vienne le 14 juillet entre les grandes puissances et Téhéran.
« Le Conseil européen a prolongé jusqu’au 14 janvier 2016 la suspension des mesures restrictives de l’Union européenne », a annoncé un communiqué, afin « permettre à l’UE de faire les arrangements et les préparatifs nécessaires pour la mise en œuvre » de l’accord.
L’UE avait gelé en janvier 2014 certaines de ses sanctions contre l’Iran en gage de bonne volonté, dans le cadre des pourparlers qui ont finalement abouti mardi 14 juillet à un accord entre Téhéran et les grandes puissances. Ce gel a été prolongé à plusieurs reprises pour donner du temps aux négociations.
>>Lire : L’accord sur le nucléaire iranien laisse entrevoir une levée des sanctions
L’accord garantit le caractère civil du nucléaire iranien et rend quasi impossible la construction d’une bombe atomique par Téhéran.
Les sanctions adoptées depuis 2006 par les États-Unis, l’UE et l’ONU, qui brident l’économie du pays, pourront commencer à être levées à partir du premier semestre 2016 si la République islamique respecte ses engagements. En cas de violation de l’accord, elles pourront être rétablies.
Nouvelle ère dans les relations internationales
Cet accord parachève d’intenses négociations entre l’Iran et le groupe P5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) pour solder ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis douze ans.
« Grâce à cet accord, la communauté internationale sera capable de s’assurer que la République islamique d’Iran ne développe pas une arme nucléaire », s’est félicité le président américain Barack Obama, qui a fait de cette question l’une des priorités de sa politique étrangère.
Cet accord, « fondé sur les vérifications » plutôt que la confiance, « nous donne une chance d’aller dans une nouvelle direction. Nous devons la saisir », a-t-il ajouté tout en soulignant que si l’Iran ne respectait pas ses engagements, « toutes les sanctions » seraient rétablies.
Les pays européens saluent l’accord
À Londres, le premier ministre David Cameron a salué un accord « historique » qui « contribuera à faire de notre monde un endroit plus sûr ».
À Paris, le président François Hollande s’est réjoui d’un accord « très important » qui démontre que « le monde avance », appelant Téhéran à en profiter pour « aider » la coalition internationale sur le dossier syrien.
Retrouvez l’opinion de Michel Rocard : « Négociations du programme nucléaire iranien: l’Europe doit jouer pleinement son rôle »
A Berlin, la chancelière Angela Merkel a salué un « succès important de la diplomatie internationale », et a appelé à une « application rapide » de l’accord.
Satisfaction également à Madrid qui préside le comité des sanctions visant l’Iran à l’ONU et « veillera à la bonne application de cet accord ».
Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a, lui, estimé que « cet accord démontre que la solution des crises par des moyens pacifiques est possible ».
Enfin, à Moscou, le président russe Vladimir Poutine a jugé que la communauté internationale pouvait désormais pousser « un grand soupir de soulagement ».
>>Lire : Mogherini optimiste sur les négociations avec l’Iran (en anglais)
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a souligné que l’accord permettait de « lever les obstacles » à la constitution d’une « large coalition » contre le groupe Etat islamique (EI) et d’autres groupes terroristes.
Colère en Israël
Du côté iranien, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei et le président modéré Hassan Rohani se sont dits satisfaits.
« Tous nos objectifs ont été atteints » a affirmé Hassan Rohani qui a estimé que l’accord était « un point de départ » pour rétablir la confiance avec les Occidentaux. » Si cet accord est appliqué correctement (…) nous pouvons peu à peu éliminer la méfiance », a-t-il affirmé en assurant que son pays ne chercherait « jamais à avoir l’arme nucléaire ».
La conclusion de l’accord a en revanche provoqué la colère du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui bataille depuis des mois pour le dénoncer. « Cet accord est une erreur historique pour le monde », a-t-il déclaré à Jérusalem. « Israël n’est pas lié par cet accord avec l’Iran, car l’Iran continue à vouloir notre destruction. Nous saurons toujours nous défendre », a-t-il prévenu.
Le Canada, soutien inconditionnel d’Israël, a également critiqué l’accord, jugeant, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, que l’Iran restait « l’une des plus importantes menaces à la paix et à la sécurité internationales ».