L'UE s'inquiète du manque d'interprètes francophones [FR]
Quelques jours avant la Journée européenne des langues de ce week-end, les institutions de l'UE ont lancé une campagne visant à encourager les jeunes francophones à envisager une carrière dans l'interprétariat, puisque la Commission européenne veut aborder le manque important d'interprètes, qui devrait toucher ses services dans les cinq ou dix ans à venir.
Quelques jours avant la Journée européenne des langues de ce week-end, les institutions de l’UE ont lancé une campagne visant à encourager les jeunes francophones à envisager une carrière dans l’interprétariat, puisque la Commission européenne veut aborder le manque important d’interprètes, qui devrait toucher ses services dans les cinq ou dix ans à venir.
Mercredi (23 septembre), le site web YouTube a commencé à diffuser un clip vidéo visant à sensibiliser les jeunes personnes en France, en Belgique et au Luxembourg au métier d’interprète.
La vidéo, intitulée « Interpréter pour l’Europe – en français » , est aussi accessible sur les sites Internet des institutions européennes.
Elle a été préparée par le service des interprètes de l’exécutif européen en coopération avec le Parlement européen et la Cour européenne de Justice.
Alors qu’il va devoir faire face à l’inauguration d’un nouveau bâtiment du Conseil en 2013 et à la construction imminente d’un centre de conférence de la Commission à Bruxelles, l’exécutif européen estime qu’il aura besoin de recruter 200 interprètes de conférence de langue maternelle française dans les dix prochaines années.
Sans augmentation majeure du nombre d’interprètes qualifiés sortant de l’enseignement supérieur dans les prochaine années, la Commission estime que les institutions de l’UE perdront presque la moitié de leurs interprètes francophones dans la prochaine décennie en raison des entrées en retraite.
Les délégués francophones risquent de ne pas être capables de participer sur un pied d’égalité au processus décisionnel de l’UE, prévient l’exécutif de l’UE.
D’autres langues également en danger
De plus, l’exécutif européen s’attend à connaître un défaut de personnes qualifiées parlant anglais, allemands, italiens et néerlandais sur la même période.
Actuellement, les institutions de l’UE font appel aux services de 335 interprètes français, dont 132 travaillent régulièrement pour la DG Interprétation. Parmi ces derniers, 59 sont des employés permanents. La Commission estime qu’il faudra recruter 2 à 3 interprètes permanents chaque année d’ici à 2020 pour répondre à ses besoins, mais seuls 11 ont été engagés dans les dix dernières années.
75 % de toutes les réunions de l’UE sont interprétées en français, y compris la plupart de celle tenues au Conseil, au Parlement et à la Cour de justice.
La majorité des linguistes francophones de l’exécutif de l’UE ont été nommés entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1980, explique la Commission. Les interprètes nommés lors de cette vague de recrutement approchent maintenant de la retraite mais n’ont pas été remplacés à la même vitesse.
En effet, les exigences des institutions de l’UE sont si sévères que seul 30 % des candidats sont reçus, ce qui contribue à alimenter la crise actuelle.
La campagne francophone suit une initiative similaire lancée en février à destination des anglophones, visant à faire de l’anglais une langue moins rare de peur que les institutions de l’UE ne connaissent un manque criant d’interprètes anglophones avant 2015 (EURACTIV 18/02/09).
Les interprètes de l’UE sont encouragés à apprendre d’autres langues au travail, aidant ainsi les institutions à couvrir le grand nombre de combinaisons requises pour fournir une interprétation efficace lors des réunions et des conférences.
En effet, les 23 langues officielles actuelles constituent 506 combinaisons de traduction et d’interprétation, un nombre qui augmenterait de manière substantielle si la Croatie, l’Islande, la Serbie et la Turquie adhéraient aux Vingt-sept.
L’exécutif de l’UE s’inquiètent que, lorsque ces interprètes multilingues entreront en retraite, ils ne seront pas remplacés par suffisamment de nouvelles recrues compétentes dans les langues pivot comme l’anglais, le français, l’allemand, l’italien et le néerlandais.
La Commission s’inquiète aussi de voir que d’autres organisations internationales importantes de l’autre côté de l’Atlantique, comme la branche des Nations unies à New York, regardent de plus en plus vers l’Europe pour satisfaire leurs besoins en interprétariat.
Plus tard dans l’année, l’exécutive de l’UE lancera une campagne de sensibilisation similaire ciblant les locuteurs allemands ; des initiatives semblables pour le suédois, l’italien et le néerlandais suivront en 2010.
Des évènements tournant autour des langues sont organisés en Europe cette semaine, avant la Journée européenne des langues le 26 septembre.