L’UE s’enthousiasme à l’idée d’un pacte européen de sécurité avec la Russie [FR]
Lors de leur sommet de vendredi dernier (14 novembre), l’UE et la Russie ont décidé de reprendre les négociations sur un nouvel accord de partenariat et d’instaurer un pacte de sécurité commun avec les Etats-Unis. Le nouveau pacte devrait aborder des questions telles que la défense anti-missiles, qui semble encore une fois susciter des divisions entre l’ancienne Europe et la nouvelle.
Lors de leur sommet de vendredi dernier (14 novembre), l’UE et la Russie ont décidé de reprendre les négociations sur un nouvel accord de partenariat et d’instaurer un pacte de sécurité commun avec les Etats-Unis. Le nouveau pacte devrait aborder des questions telles que la défense anti-missiles, qui semble encore une fois susciter des divisions entre l’ancienne Europe et la nouvelle.
Les négociations sur un nouvel accord de partenariat, gelées après le conflit entre la Russie et la Géorgie, reprendront le 2 décembre, a indiqué Christiane Hohmann, porte-parole de la commissaire européenne aux Affaires extérieures Benita Ferrero-Waldner.
Selon le président de la Commission José Manuel Barroso, il s’agit d’un accord d’importance stratégique, autant pour l’Union européenne que pour la Russie.
La décision de reprendre les pourparlers était attendue par beaucoup après l’accord général décroché par les ministres des Affaires étrangères le 10 novembre en dépit de l’opposition affichée par des pays tels que la Pologne et la Lituanie.
Un nouveau pacte de sécurité paneuropéen
Ces pays ont également réagi froidement au soutien que le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence de l’UE, a accordé au projet russe d’accord de sécurité paneuropéen. Le président Dmitri Mevedev avait lancé cette idée le mois dernier.
Lors du sommet, M. Sarkozy a laissé entendre qu’un sommet, peut-être sous l’égide de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et incluant l’UE et la Russie, pourrait se tenir à la mi-2009 afin d’établir les fondements de ce qui pourrait constituer l’avenir de la sécurité européenne.
M. Medvedev a indiqué que la Russie envisageait un traité de sécurité paneuropéen auquel pourraient se rallier toutes les nations et les groupements, notamment l’OTAN ainsi qu’une liste de règles pour l’avenir.
Défense anti-missiles : une autre question épineuse ?
Un tel pacte pourrait également se pencher sur la question controversée des plans américains visant à déployer des boucliers anti-missiles en Pologne et en République tchèque, mesure à laquelle la Russie est âprement opposée.
Récemment, M. Medvedev a une nouvelle fois mis de l’eau sur le feu en annonçant qu’il allait envisager le déploiement de missiles dans l’enclave russe de Kaliningrad si les Etats-Unis continuent à suivre le même plan. Le président américain élu Barack Obama a indiqué qu’il ne poursuivrait pas la politique de son prédécesseur en matière de défense anti-missiles.
M. Sarkozy a appelé Washington et Moscou à mettre en suspens leurs plans de déploiement du moins jusqu’à la signature du nouveau pacte de sécurité. Il a souligné que le système américain n’apporterait rien à la sécurité et compliquerait la situation.
Les commentaires ont entraîné une réponse ferme de la part de la Pologne et de la République tchèque, qui ont déclaré que la question ne faisait pas partie du mandat du président français. La question du bouclier anti-missiles est régi par un accord entre la Pologne et les Etats-Unis, a affirmé aux journalistes le Premier ministre polonais Donald Tusk, en soulignant qu’il s’agissait avant tout d’un projet américain.
Je ne pense pas que les pays tiers, même les très bons amis comme la France, ont un droit particulier qui leur permet de s’exprimer sur la question, a-t-il relevé.
Plus tard samedi, M. Sarkozy est revenu sur ses déclarations en indiquant que le dispositif pourrait constituer un « utile complément » face à la menace de missiles « venus d’ailleurs, par exemple d’Iran ». Il s’est exprimé après le sommet financier qui a réuni les dirigeants mondiaux à Washington.
Chaque pays a le droit de décider s’il veut ou non installer un bouclier anti-missiles, a déclaré M. Sarkozy, en citant la Pologne et la République tchèque.
Le président de la Commission Barroso a souligné le fait que les négociations sur les missiles ne devaient pas dominer l’agenda UE-Russie. Le futur doit être guidé par l’économie et non par les missiles, a-t-il indiqué, privilégiant le dialogue à la démonstration de force.