L'UE renforce ses sanctions contre la Syrie et l'Iran

Hier (1er décembre), l'Union européenne a décidé d'imposer de nouvelles sanctions dans les secteurs financier et pétrolier en Syrie pour protester contre la répression des manifestations par le président Bachar Al-Assad. Les ministres européens des affaires étrangères ont également annoncé de nouvelles sanctions contre l'Iran suite à l'attaque contre l'ambassade britannique en début de semaine.

EURACTIV.com / Reuters
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Hier (1er décembre), l'Union européenne a décidé d'imposer de nouvelles sanctions dans les secteurs financier et pétrolier en Syrie pour protester contre la répression des manifestations par le président Bachar Al-Assad. Les ministres européens des affaires étrangères ont également annoncé de nouvelles sanctions contre l'Iran suite à l'attaque contre l'ambassade britannique en début de semaine.

La liste comportant les nouvelles entreprises visées en Syrie sera rendue publique aujourd'hui, mais même si tous les détails n'ont pas encore filtré, une source diplomatique occidentale a confirmé que la compagnie pétrolière publique syrienne General Petroleum Corporation (GPC) en ferait partie.

Les diplomates ont affirmé que des géants du pétrole comme Royal Dutch Shell et Total pourraient voir leurs activités syriennes stoppées lorsque la GPC rejoindrait la liste des entreprises sanctionnées.

« Ces nouvelles mesures concernent les secteurs énergétique, financier, bancaire et commercial. Elles visent également une série d'individus et d'entités impliqués dans les actes de violence ou qui soutiennent directement le régime », ont déclaré les ministres européens des affaires étrangères dans un communiqué.

Douze personnes et 11 institutions et entreprises supplémentaires feront l'objet d'un gel d'actifs et d'une interdiction de voyager. Ils ont également interdit l'apport de soutien financier et l'octroi de prêts au gouvernement syrien, qu'il s'agisse de soutiens bilatéraux ou via les institutions financières internationales.

Ces nouvelles mesures interdisent aux entreprises de l'UE de faire des affaires avec l'Etat syrien et aux banques syriennes d'ouvrir des filiales dans les pays de l'UE ou encore d'investir dans les banques européennes.

Elles interdisent également l'exportation d'équipement pour le secteur gazier et pétrolier en Syrie, y compris les secteurs du raffinage et de l'exploration. Les investissements européens dans les entreprises construisant de nouvelles centrales électriques dans le pays sont également interdits

Les sanctions évoquées proscrivent également la vente de logiciels ou d'équipements pouvant être utilisés pour la surveillance de l'Internet ou des télécommunications, et dans son communiqué, l'UE appelle à une « restriction » de l'aide au commerce à court terme.

Les Etats membres ont imposé plusieurs séries de sanctions au gouvernement du président Bachar Al-Assad depuis le mois de mai en raison de la violente répression des manifestations dans le pays. Ces sanctions comprennent notamment un embargo sur le pétrole syrien et une interdiction portant sur les investissements dans le secteur énergétique.

L'UE a déclaré qu'elle continuerait à réclamer une action plus décisive de l'ONU en Syrie et a demandé à tous les membres du Conseil de sécurité de prendre leurs responsabilités pour mettre fin à la violence en Syrie et soutenir le peuple syrien.

La Russie et la Chine, qui possèdent toutes deux des concessions pétrolières dans le pays, ont opposé leur véto à une résolution du Conseil de sécurité condamnant le gouvernement de M. Al-Assad pour les actes de violence commis.   

Nouvelles sanctions contre l'Iran

L'UE a également ajouté 180 personnes et entités à la liste de celles visées par des sanctions en Iran. Elle envisage en outre un embargo sur le pétrole iranien, alors que nombreux sont ceux qui s'inquiètent quant au programme nucléaire de ce membre de l'OPEP.

Ces sanctions ont un impact sur l'économie iranienne, affirment les experts, mais elles ne permettront pas de faire stopper les activités qui, selon l'Occident, ont pour objectif de créer des armes nucléaires. Téhéran martèle que ses activités nucléaires sont pacifiques.

La semaine dernière, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada ont annoncé de nouvelles sanctions à l'encontre des secteurs énergétique et financier iraniens.

Cette décision a entraîné un vote au parlement iranien pour amenuiser les liens entre le pays et la Grande-Bretagne et a suscité la colère des manifestants iraniens. Ces derniers ont envahi l'ambassade britannique qui a dû être fermée. Tous les diplomates iraniens ont ensuite été expulsés de Grande-Bretagne.

L'Iran, le deuxième producteur pétrolier de l'OPEP, exporte 2,6 millions de barils par jours, et l'Etat dépend fortement des recettes pétrolières.

Toutefois, en perturbant l'approvisionnement de pétrole en provenance d'Iran, les pays occidentaux risquent de faire grimper les prix à l'échelle mondiale, ce qui porterait atteinte à l'Europe, déjà en pleine crise de la dette. La Grèce reste assez réticente à l'idée d'un embargo, car ses problèmes financiers l'ont poussée à acheter davantage de brut iranien.