L'UE renforce ses sanctions à l'encontre du dernier dictateur d'Europe

L'UE a condamné la répression des leaders de l'opposition et des médias par le régime au Belarus et a imposé de nouvelles sanctions à Aleksandre Lukashenko, président du pays considéré comme le dernier dictateur en Europe.

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L'UE a condamné la répression des leaders de l'opposition et des médias par le régime au Belarus et a imposé de nouvelles sanctions à Aleksandre Lukashenko, président du pays considéré comme le dernier dictateur en Europe.

Les ministres européens des affaires étrangères ont étendu les gels d'actifs aux sociétés liées au président Alexandre Lukashenko.

Selon le Telegraf, un site Internet bélarussien, il s'agit du fabricant d'armes Beltechexport, du fournisseur national de services de télécommunications Beltelecom, et des sociétés de jeux Sport-Pari et Superloto.

Toutes ces entreprises entretiennent des liens étroits avec Vladimir Peftiev, le « banquier privé » de M. Lukashenko qui, selon des diplomates de l'UE, utilise ces sociétés pour « blanchir de l'argent ».

Un embargo sur les armes et sur les « équipements susceptibles d'être utilisés à des fins de répression » faisait partie des mesures imposées au Bélarus. Les recettes de la vente d'armes contribueraient en effet à l'alimentation d'un fonds spécial sous le contrôle de M. Lukashenko.

Selon les médias internationaux, les nouvelles sanctions ont été adoptées contre l'avis de la Lettonie et de l'Italie qui souhaitent préserver les intérêts des entreprises au Bélarus.

Ces sanctions s'ajoutent à des mesures restrictives imposées en janvier dernier et à la condamnation des représailles politiques du mois dernier (voir « Contexte »).

Les ministres européens ont également condamné la détention, le procès et la peine prononcée pour des raisons politiques à l'encontre de représentants de la société civile, des médias indépendants et de l'opposition.

Parmi ceux condamnés à des peines de prison par le régime, on retrouve les anciens candidats à la présidence, Andrei Sannikov, Vladimir Nyaklyayew, Vital Rymashewski, Nikolaï Statkevich et Dmitri Uss, tous victimes de répression dans le cadre de l’« Affaire du 19 décembre », nom que les autorités lui ont attribué en référence à la date des élections présidentielles.

L'UE a réitéré ses appels à la libération et à la réhabilitation immédiates de tous les prisonniers politiques. Au moins 59 personnes ont été inculpées, et 41 ont été envoyées dans des prisons, des colonies pénitentiaires, des prisons ouvertes ou sont en liberté surveillée.

Les ministres ont également déploré la dégradation constante de la liberté de la presse au Bélarus, citant notamment les procès intentés par le ministère de l'information pour faire taire deux des plus grands journaux indépendants du pays, Nasha Niva et Narodnaya Volya, le procès du journaliste Andrzej Poczobut, du correspondant au Bélarus pour le quotidien polonais Gazeta Wyborcza et l'annulation de la licence de la station Autoradio.

Les journalistes accusés de la crise

M. Lukashenko a récemment accusé les journalistes d'avoir joué un rôle majeur dans la crise économique qui fait rage dans le pays, a rapporté RFE/RL. Le pays subit actuellement des tourments majeurs qui ont mené à une dévaluation de 36 % de sa monnaie et à une inflation galopante.

M. Lukashenko a affirmé que les journalistes avaient créé la panique et a accusé les forces extérieures d'utiliser « une poubelle nommée Internet » pour diffuser de la désinformation.

Récemment, le Bélarus a demandé au Fonds monétaire international (FMI) un renflouement de plusieurs milliards de dollars pour l'aider à sortir de la crise.

Les ministres de l'UE n'ont pas fait référence au FMI dans leur déclaration, mais ils ont souligné que l'élargissement des opérations de la Banque européenne d'investissement au Bélarus n'aurait lieu que lorsque l'Union serait suffisamment satisfaite du respect des droits de l'Homme et de l'Etat de droit dans le pays.

M. Lukashenko se tournerait à présent vers la Chine pour que l'empire du Milieu l'aide à stabiliser son marché des changes.