L’UE presse la Turquie à poursuivre les réformes [FR]
Le rapport de la Commission sur les progrès accomplis par la Turquie publié aujourd’hui, 6 novembre 2007, prend une tournure plus modérée comparée à l’année dernière, mais continue d'insister sur les réformes, particulièrement dans le domaine de la liberté d’expression.
Le rapport de la Commission sur les progrès accomplis par la Turquie publié aujourd’hui, 6 novembre 2007, prend une tournure plus modérée comparée à l’année dernière, mais continue d’insister sur les réformes, particulièrement dans le domaine de la liberté d’expression.
Le 6 novembre, dans son rapport régulier, la Commission a fait part de sa déception concernant le ralentissement des réformes et a appelé la Turquie à accélérer ses efforts sur la voie de l’adhésion à l’UE.
Ne constatant jusqu’ici que des progrès limités vers la réforme, le rapport souligne que davantage d’efforts significatifs sont nécessaires pour garantir la liberté d’expression, limiter l’influence de l’armée sur la politique et garantir le droit des minorités. Ceci fait tout particulièrement référence à l’article 301 du code pénal turc qui fait de « l’humiliation à l’identité turque » un crime et a entraîné un certain nombre de procès contre des écrivains et des journalistes.
Le 6 novembre, M. Rehn a déclaré aux journalistes que le fait que des écrivains, des journalistes, des universitaires et d’autres intellectuels soient poursuivis uniquement pour avoir exprimé une opinion critique est tout simplement inacceptable dans une démocratie européenne. Il affirme que l’infâme article 301 du code pénal doit être abrogé ou modifié sans délai.
Sur une note plus positive, la Commission a salué la gestion d’une crise politique majeure cette année, dont la Turquie est sortie avec des institutions démocratiques renforcées. Néanmoins, M. Rehn a souligné qu’il était dorénavant temps pour la Turquie de régénérer le processus de réformes en affirmant qu’au moins deux chapitres, sur la protection des consommateurs et de la santé, ainsi que sur les réseaux transeuropéens, pourraient être ouverts dans les semaines à venir.
Selon la Commission, d’autres progrès sont également nécessaires concernant la lutte contre la corruption, le système judiciaire, les droits des syndicats, les droits des femmes et des enfants, les droits culturels ainsi que la surveillance civile de l’armée.
De plus, la division de Chypre, qui a entraîné la suspension partielle des réformes d’adhésion de la Turquie l’année dernière, reste non résolue.
Entre temps, la Turquie est confrontée à des attaques terroristes continues du Parti des travailleurs turcs (PKK). L’UE a déclaré condamner toute attaque terroriste et comprendre les inquiétudes de la Turquie concernant sa sécurité. M. Rehn a appelé la Turquie et l’Irak à aborder le problème par la coopération, dans l’espoir de parvenir à une solution politique et ainsi, d’empêcher une intervention militaire turque.