L’UE prépare un plan de croissance massif de 130 milliards d’euros [FR]
Il sera demandé aux 27 pays membres de l’UE d’allouer 1 % de leur PIB à un paquet européen d’impulsion économique comprenant des prêts pour les constructeurs automobiles. Ce plan, présenté hier, vise à relancer l’économie et à tempérer les effets de la récession.
Il sera demandé aux 27 pays membres de l’UE d’allouer 1 % de leur PIB à un paquet européen d’impulsion économique comprenant des prêts pour les constructeurs automobiles. Ce plan, présenté hier, vise à relancer l’économie et à tempérer les effets de la récession.
Prenant la parole à la télévision allemande le mercredi 19 novembre, le ministre allemand de l’Economie Michael Glos a indiqué que le paquet impliquerait des contributions de la part des Etats membres d’environ 1 % de leur produit intérieur brut (PIB).
Au total, quelque 130 milliards d’euros devraient être déployés, a-t-il déclaré, un montant supérieur au budget annuel de l’UE, qui est d’environ 110 milliards d’euros. Chacun devra réaliser l’objectif de 1 %, a-t-il ajouté. Selon les propos d’une porte-parole du ministère allemand de l’Economie à l’AFP, cette somme représenterait 25 milliards d’euros pour son pays.
Les détails du plan, qui doit être dévoilé mercredi prochain (26 novembre) par la Commission européenne, restent encore peu clairs à ce stade. « Il est prématuré de discuter de la taille et de l’orientation détaillée de ce paquet », a prévenu Johannes Laitenberger, porte-parole de la Commission, en réponse aux questions de la presse. « Il n’y a pas encore eu une décision politique définitive » sur le montant du plan, a-t-il ajouté.
Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE prendront une décision sur la nature précise du paquet et sur son montant lors du sommet des 11 et 12 décembre à Bruxelles.
S’adressant au Parlement européen le mercredi 19 novembre, le président de la Commission José Manuel Barroso a déclaré qu’il fallait que le plan de relance européen soit rapide, ciblé et temporaire. A son avis, le plan devrait comprendre des mesures destinées à aider certains secteurs de l’économie à s’adapter à la lutte contre le changement climatique afin que la politique climatique ne soit pas perçue comme ennemie de la croissance économique.
Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, a indiqué à l’assemblée que l’UE demanderait à la Banque européenne d’investissement (BEI) de contribuer au paquet de relance.
Flexibilité par rapport aux règles budgétaires
Financièrement, M. Jouyet a signalé que tous les éléments flexibles des règles budgétaires de l’UE devraient être mis à profit pour contrer la crise économique. Or les plans de renflouement de plusieurs milliards adoptés pour secourir les secteurs bancaires en difficulté d’Irlande, d’Allemagne et de plusieurs autres pays membres de l’UE, vont sans doute déjà grever les déficits budgétaires annuels, qui devraient largement dépasser le plafond de 3 % du PIB spécifié dans le Pacte de stabilité et de croissance.
M. Jouyet a ajouté qu’il fallait également garantir que les fonctions du marché unique et que la flexibilité des règles en matière d’aides d’Etat puissent être utilisées pleinement pour que les Etats membres puissent contribuer au soutien des secteurs menacés.
Des prêts pour le secteur automobile
Le secrétaire d’Etat français a souligné que l’industrie automobile est un secteur qui pourrait bénéficier du plan de relance économique européen. Des mesures ciblées et temporaires visant à soutenir les producteurs européens pourraient s’avérer utiles, notamment pour améliorer les performances technologiques et écologiques, a-t-il indiqué.
Ces déclarations sont été faites après que les dirigeants de l’UE des 27 ont appuyé le mois dernier un plan d’inspiration française visant à soutenir l’industrie automobile européenne en difficulté. La Commission a présenté des propositions pour venir en aide à toutes les industries européennes avant la fin de l’année (EURACTIV 17/10/08).
Günter Verheugen, le commissaire européen à l’Entreprise et à l’industrie, a mentionné la possibilité d’instaurer des incitations fiscales pour les véhicules plus propres, de soutenir la recherche et le développement et de mettre en place des incitations pour la formation et l’amélioration des qualifications.
Il ne faut pas donner d’incitations fiscales pour que les européens achètent n’importe quelle voiture ancienne, il faut augmenter la demande pour des voitures respectueuses de l’environnement, a indiqué M. Verheugen au Parlement européen à Strasbourg. Il a ajouté que la Banque européenne d’investissement serait l’institution la mieux placée pour accorder de tels prêts.
S’exprimant plus tôt ce mois, M. Barroso a indiqué que la Commission était ouverte à la possibilité de fournir un soutien au développement de voitures propres, ajoutant que des voitures à haute technologie pourraient aider l’industrie automobile européenne a garder sa compétitivité internationale.
Nous attendons un paquet de prêts à faibles intérêts de 40 milliards d’euros qui aidera à sécuriser le marché durable pour les technologies économes en carburant développées récemment, qui sont pour l’instant trop chères pour être commercialisées, a indiqué Christian Streiff, directeur exécutif du groupe PSA Peugeot-Citroën et président de l’association des constructeurs européens d’automobiles.