L'UE pourrait garantir les prêts des PME pour doper le crédit
Les petites et moyennes entreprises d'Europe du Sud ont des difficultés d'accès au crédit. Plusieurs pistes sont à l'étude à Bruxelles pour relancer les investissements.
Les petites et moyennes entreprises d’Europe du Sud ont des difficultés d’accès au crédit. Plusieurs pistes sont à l’étude à Bruxelles pour relancer les investissements.
L’Union européenne pourrait garantir le remboursement de prêts accordés à des entreprises afin de faciliter leur accès au crédit, a déclaré le président de la Commission José Manuel Barroso, mercredi 12 juin, devant le Parlement européen.
Les petites et moyennes entreprises, visées par Bruxelles, représentent 95% du tissu industriel européen.
Trois fois plus d’intérêts au sud
Trois types « d’instruments » sont examinés. Des garanties seraient fournies aux entreprises via des institutions de prêt, a précisé le président de la Commission. Les ressources financières proviendraient des fonds européens.
Le dispositif s’adresse en priorité aux entreprises implantées dans le sud de l’Europe. Celles-ci payent deux à trois fois plus d’intérêts sur un prêt standard qu’un concurrent basé dans le nord de l’Europe, selon les données de la Banque centrale européenne.
Pour un prêt d’un million d’euros sur un an, une compagnie chypriote devra par exemple verser 70 300 euros d’intérêts, contre 21 600 euros pour une entreprise française.
Une société grecque paiera, elle, 66 600 euros, là où son homologue allemande s’acquittera d’un montant de 29 200 euros.
Accès restreint au crédit
Faciliter l’accès au crédit est une question cruciale pour relancer l’économie européenne, alors que la faiblesse des taux d’intérêt a du mal à se traduire par une augmentation du volume des prêts consentis.
Le principal défi est de raviver les six économies les plus fragiles du sud de l’Europe : la Grèce, Chypre, l’Italie, le Portugal, l’Espagne et la Slovénie. Sans croissance, ces pays ne pourront rembourser la totalité de leur dette publique.
Les entreprises d’Europe du Sud sont confrontées à une baisse de la demande intérieure sur fond de récession, qui dans le cas de la Grèce, dure depuis six ans. En conséquence, les bénéfices des entreprises diminuent et les clients ont souvent des retards de paiement, ce qui assèche les fonds de roulement et rend les prêts bancaires d’autant plus indispensables au fonctionnement de l’économie.
« L’accès de plus en plus restreint au crédit reste un obstacle majeur à la relance de l’activité économique, en particulier dans les Etats membres les plus vulnérables », a déclaré José Manuel Barroso. « Rétablir les prêts aux PME (…) est une priorité absolue. »
Capital-investissement
En dehors de l’accès aux prêts bancaires, l’UE explore d’autres moyens d’améliorer l’accès des entreprises aux financements, comme des partenariats avec des sociétés de capital-investissement et des instruments de partage des risques avec la Banque européenne d’investissement.
« Nous allons présenter bientôt des propositions de cadre réglementaire pour les fonds d’investissement à long terme », a fait savoir José Manuel Barroso.
Le financement des entreprises sera par ailleurs l’un des sujets des discussions des dirigeants européens lors du prochain sommet européen des 27 et 28 juin.