L'UE partagée entre renouvelable et nucléaire [FR]

Les dirigeants européens se préparent à prendre des engagements sans précédent pour réduire les émissions de GES lors du sommet européen. Toutefois, des divisions sont apparues sur la reconnaissance du nucléaire comme source peu émettrice de carbone, aux côtés de l'énergie éolienne et des autres énergies "vertes".  

Les dirigeants européens se préparent à prendre des engagements sans précédent pour réduire les émissions de GES lors du sommet européen. Toutefois, des divisions sont apparues sur la reconnaissance du nucléaire comme source peu émettrice de carbone, aux côtés de l’énergie éolienne et des autres énergies « vertes ».
 

Lors du sommet de Bruxelles, les 8 et 9 mars, les chefs d’Etat et de gouvernement vont être amenés à approuver l’objectif « unilatéral » visant à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, par rapport aux niveaux de 1990. Cet objectif pourrait même être relevé à 30% si d’autres nations développées comme les Etats-Unis prennent des mesures similaires.

Alors que cette décision allait probablement être saluée et qualifiée d’historique, des divisions sont apparues sur la manière d’atteindre cet objectif et sur la nécessité de rendre légalement contraignant l’objectif sur les énergies renouvelables.

La présidence allemande, la Commission européenne ainsi qu’un groupe de pays incluant le Royaume-Uni, poussent pour que 20% de la consommation globale de l’UE soit couverte par les énergies renouvelables, comme l’énergie éolienne, d’ici 2020.

Toutefois, d’autres pays comme la France, la Slovaquie et la République tchèque, soutiennent que pour atteindre cet objectif, l’énergie nucléaire devrait entrer en jeu et être reconnue comme une source d’énergie émettant peu de carbone.

Ernest-Antoine Seillière, président du groupe de lobbying, BusinessEurope, a confié à Reuters : « Cet objectif de faire passer la part des énergies renouvelables à 20% d’ici 2020…ne peut être atteint qu’à condition d’inclure la contribution de l’énergie nucléaire ».

Des officiels britanniques ont indiqué que le Royaume-Uni ne s’opposerait pas à la formulation « pauvre en carbone » si la présidence allemande faisait une proposition en ce sens. Le 7 mars, l’un d’entre eux a précisé : « La présidence devrai trouver une formule qui atténue les divergences. Elles sont délicates dans les deux cas ».

TOutefois, une telle décision rencontre une vive opposition de la part de pays anti-nucléaires comme l’Autriche. Claude Turmes, eurodéputé Vert et porte-parole sur les questions énergétiques a déclaré : « La tentative de l’industrie nucléaire d’inscrire dans l’agenda des objectifs différents en matière d’émissions de carbone est une diversion ».

Selon lui, « la proposition française d’atteindre 40 à 50% d’émissions pauvres en carbone d’ici 2020 ne prend pas car elle nécessiterait la construction d’une centrale nucléaire tous les trois à six mois entre 2012 et 2020. C’est tout simplement impossible ».

Le Sommet européen devrait toutefois s’entendre pour établir comme objectif contraignant la part de 10% minimum faite aux biocarburants dans la consommation totale du secteur des transports.