L’UE met en garde contre les retombées multilatérales de l’échec de l’OMC [FR]
Une semaine avant une réunion ministérielle cruciale de l’Organisation mondiale du commerce qui se tiendra le 21 juillet, le commissaire européen au Commerce extérieur Peter Mandelson a exhorté les 27 pays de l’UE, dont la France, à rester unis et à aller de l’avant, au risque de voir échouer des efforts internationaux comme les négociations sur le changement climatique.
Une semaine avant une réunion ministérielle cruciale de l’Organisation mondiale du commerce qui se tiendra le 21 juillet, le commissaire européen au Commerce extérieur Peter Mandelson a exhorté les 27 pays de l’UE, dont la France, à rester unis et à aller de l’avant, au risque de voir échouer des efforts internationaux comme les négociations sur le changement climatique.
Si les négociations sur le PDD (programme de Doha pour le développement) échouent, les retombées et les accusations réciproques rendront le processus multilatéral encore plus difficile. C’est ce qu’a déclaré M. Mandelson au journal International Herald Tribune, prenant les négociations sur le changement climatique pour exemple.
Il a émis des doutes quant aux perspectives d’un accord sur le changement climatique alors que le cycle de négociations sur le commerce n’a toujours pas abouti après sept ans.
Le commissaire a estimé que les chances d’aboutir à un pacte commercial international dans un futur proche étaient de 50 %. Il a néanmoins insisté sur le fait que l’unité de l’Europe serait cruciale en vue d’atteindre des résultats optimaux.
Ces déclarations interviennent après que le président français Nicolas Sarkozy a sèchement accusé M. Mandelson d’avoir contribué au rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais en menaçant l’avenir de l’agriculture européenne au cours des négociations avec l’OMC (EURACTIV 20/06/08).
Le gouvernement français, dont le pays occupe la présidence tournante de l’UE depuis le 1er juillet, est un fervent défenseur de la politique agricole commune de l’UE, laquelle comprend d’importantes subventions et une protection douanière pour les innombrables agriculteurs du pays. Il n’a pas l’intention de permettre à la Commission de concéder quoi que ce soit qui puisse menacer le secteur agricole.
Fort du soutien du lobby agricole, M. Sarkozy s’efforce notamment d’exploiter la crise alimentaire mondiale actuelle en mettant en avant la nécessité pour l’UE de rester une grande puissance agricole. « Je ne parviens pas à comprendre comment le Commissaire Mandelson peut insister pour un accord commercial qui rendra les consommateurs européens encore plus dépendants vis-à-vis des importations pour leur approvisionnement alimentaire de base et ce, à une époque de crise alimentaire mondiale », a déclaré Jean-Michel Lemétayer, président du COPA, l’organisation des agriculteurs européens. Il a également mis en garde contre « de graves retombées sur l’industrie alimentaire et sur l’emploi ».
La présidence française a notamment convoqué une réunion des ministres européens du Commerce, du Développement et des Affaires étrangères le vendredi 18 juillet afin de préparer la réunion ministérielle de l’OMC la semaine prochaine. La réunion du 18 juillet passera en revue les derniers textes en cours de négociations sur les produits agricoles et industriels présentés par les médiateurs de l’OMC le 10 juillet. Les ministres pourraient en profiter pour réduire la marge de manœuvre de M. Mandelson.
Mais M. Mandelson a réaffirmé la teneur de son mandat, déclarant qu’il ne comptait ni la changer, ni la modifier. Il a insisté sur le fait qu’il a toujours œuvré dans le cadre du mandat qui lui a été confié par les Etats membres et qu’il continuera ainsi.
M. Mandelson a reçu le soutien de la Grande-Bretagne, de la Suède, de la République tchèque, de l’Estonie, de la Lettonie et de la Slovénie. Dans une lettre ouverte à l’International Herald Tribune, les ministres du Commerce de ces six pays ont déclaré que l’unité de l’UE était plus importante que jamais. Pour eux, il est hors de question de rater une occasion de contrebalancer la tendance à la baisse des affaires économiques mondiales : il s’agit dès lors de maintenir la crédibilité et la respectabilité de l’ensemble du système de commerce multilatéral.