L’UE mérite des ressources propres, selon la Commission
Alors que l’exécutif européen prépare ses propositions pour le budget-post 2013 de l’UE, son vice-président Maros Sefcovic revient, pour EURACTIV Slovaquie, sur l’action européenne, injustement dépréciée.
Alors que l’exécutif européen prépare ses propositions pour le budget-post 2013 de l’UE, son vice-président Maros Sefcovic revient, pour EURACTIV Slovaquie, sur l’action européenne, injustement dépréciée.
«Notre philosophie est d’essayer d’obtenir des ressources des activités qui n’existeraient pas sans l’Union européenne. De la valeur ajoutée que crée l’UE», déclare le commissaire aux Affaires interinstitutionnelles, dans un entretien accordé à EURACTIV Slovaquie.
La Commission prépare ses propositions pour remodeler le budget de l’UE, et éventuellement y introduire des ressources propres. Elle présentera un rapport sur le sujet «au plus tard début octobre», promet Maros Sefcovic.
Ce document dressera une évaluation du budget à mi-parcours du cadre financier 2006-2013, avant que les négociations ne débutent pour l’après 2013. Seules «des données sur les revenus et les dépenses» seront publiées, prévient-il néanmoins. Si la Commission évoquera des propositions alternatives, «la décision revient aux États membres et au Parlement européen», rappelle-t-il.
Le commissaire préconise un alignement du budget sur les priorités de la stratégie Europe 2020 et promeut une économie basée sur l’innovation. Il rappelle également, à EURACTIV.sk, l’importance de la politique de cohésion, essentielle à l’Union. «L’élimination des différences est l’une des politique-clés sans laquelle l’Union ne peut pas travailler», met-il en garde. L’évocation de contributeurs nets et de bénéficiaires nets lui paraît d’ailleurs «très malsaine», dès lors que les contributeurs nets bénéficient du développement économique des nouveaux États membres.
Négociation délicate
La rigueur issue de la crise et l’assainissement des finances publiques rend la négociation du budget plus délicate encore. La crise a logiquement renforcé les préoccupations nationales, bien qu’elle ait, dans le même temps, «souligné que nous avons besoin de résoudre nos problèmes ensemble», estime Maros Sefcovic.
Une déclaration qui fait écho à celle du président de la Commission José Manuel Barroso, lors de son discours sur «l’état de l’Union» du 7 septembre : «Soit nous flottons ensemble, soit nous coulons individuellement». «Finalement, nous avons négocié des mesures qui auraient semblé impensable il y a six ou douze mois», remarque Maros Sefcovic avec optimisme.
Interrogé sur la faculté de l’UE à parler d’une seule voix et sur la relation entre le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et José Manuel Barroso, Maros Sefcovic insiste sur la complémentarité de leurs missions, précisées dans le traité de Lisbonne : «Van Rompuy communique au nom de l’UE sur tous les sujets concernant la politique extérieure commune et de sécurité, Barroso communique au nom de l’UE sur les politiques communautaires : agriculture, commerce extérieur, énergie…»
Scepticisme des citoyens
Cette répartition des tâches est, selon lui, bien intégrée par la communauté internationale. L’identification délicate des interlocuteurs ne concerne pas uniquement l’Europe, mais « même les États-Unis. Qui devons-nous appeler lorsque nous voulons parler de changement climatique ? Est-ce le secrétariat à l’Environnement, la Maison Blanche, le Congrès ou bien même une agence ? », s’interroge le commissaire slovaque. Une façon de rappeler à Barack Obama que les responsables européens ont chacun leurs attributions spécifiques. Le président américain aurait annulé une visite en Europe, ne sachant pas quel «président» rencontrer.
Evoquant le scepticisme des citoyens à l’égard de l’Europe, le commissaire estime qu’une phase d’adaptation au récent traité de Lisbonne est nécessaire. La crise économique n’ayant fait qu’aggraver ce processus d’assimilation délicat.
Il regrette cependant que de nombreux avantages comme la liberté de circulation ou la possibilité d’étudier dans d’autres pays européens, soient jugés comme acquis par ces mêmes eurosceptiques.
Les gouvernements européens ont également leur responsabilité, dès lors qu’ils «s’attribuent le mérite de bon développements, et accusent Bruxelles pour les mauvais ». Cette hypocrisie qui consiste à présenter l’Union européenne comme «une espèce de force extérieure» ne tient pas debout, estime le commissaire.
En effet, «ce sont nos ministres qui négocient à Bruxelles, les eurodéputés sont élus par les citoyens », rappelle-t-il à ceux qui craignent le caractère supranational de l’Europe.