L'UE menace Moscou de nouvelles sanctions

Les ministres des Affaires étrangères devraient demander à la Commission européenne de préparer des sanctions plus strictes à l’encontre de la Russie, suite à la reprise des combats dans l'est de l'Ukraine. 

EURACTIV France avec Reuters
À Kiev, les Ukrainiens déposent des bougies sur la place de l’indépendance en hommage aux victimes des attaques de Mariupol
À Kiev, les Ukrainiens déposent des bougies sur la place de l'indépendance en hommage aux victimes des attaques de Mariupol [<a href="http://www.shutterstock.com/gallery-2402969p1.html?cr=00&pl=edit-00Darina%20Matasova/a%20/%20a%20href=http://www.shutterstock.com/editorial?cr=00&pl=edit-00Shutterstock.com" target="_blank" rel="noopener">(Crédit : Darina Matasova / Shutterstock.com) </a>]

Les ministres des Affaires étrangères devraient demander à la Commission européenne de préparer des sanctions plus strictes à l’encontre de la Russie, suite à la reprise des combats dans l’est de l’Ukraine. 

Suite à la reprise complète des hostilités dans l’Est de l’Ukraine ce week-end, les ministres des Affaires étrangères des 28 États vont se rassemblent pour une  réunion extraordinaire à Bruxelles le 29 janvier. Par ailleurs, le commissaire à l’aide humanitaire et à la gestion des crises, Christos Stylianides,  était en visite en Ukraine les 26 et 27 janvier.

>> Lire : La crise humanitaire se durcit dans l’est de l’Ukraine

Samedi dernier, 30 civils sont morts dans un bombardement à Marioupol, une ville située sur la mer d’Azov, entre la Crimée et la frontière russe. Neuf soldats ont également été tués et 29 autres blessés au cours des dernières 24 heures et 120 attaques ont été menées par les rebelles contre des positions gouvernementales dans l’Est.

>> Lire : L’Ukraine veut recourir à la Cour pénale internationale après les attaques de Mariupol

Selon des sources diplomatiques, les chefs de la diplomatie des Vingt-Huit enjoindront à la Commission européenne de préparer de nouvelles mesures de rétorsion contre Moscou mais la décision de les imposer incombera aux chefs d’Etat et de gouvernement réunis en sommet le 12 février à Bruxelles.

On ignore encore quel type de mesures pourrait être mises en œuvre, mais il ne s’agira sans doute pas de sanctions économiques majeures à ce stade. Si plusieurs pays membres, comme la Pologne ou la Lituanie, militent en faveur d’un durcissement, la plupart des pays européens se montrent plus prudents.

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Dans une rare déclaration commune, les dirigeants de l’UE ont toutefois exprimé leur inquiétude face à l’aggravation de la situation sur le terrain et relevé des preuves d’un « soutien persistant et croissant donné par la Russie aux séparatistes, qui met en évidence la responsabilité de la Russie ».

?Condamnation unanime en Europe

L’Union européenne exige de la Russie qu’elle condamne les actions des rebelles et qu’elle applique le protocole de Minsk, signé le 5 septembre dernier par des représentants de Kiev, des séparatistes, de Moscou et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

« Nous demandons au prochain Conseil des Affaires étrangères d’évaluer la situation et d’envisager toute action appropriée, en particulier de nouvelles mesures restrictives, pour obtenir une mise en œuvre rapide et complète des accords de Minsk », peut-on lire dans le texte des chefs d’Etat et de gouvernement.

Des rebelles considérés comme des « organisations terroristes »

Dans le même temps, le Parlement de Kiev a voté une déclaration définissant la Russie comme « État agresseur » et les « républiques populaires » autoproclamées par les séparatistes à Donetsk et Louhansk comme des « organisations terroristes ».

Le protocole de Minsk définit douze mesures à appliquer pour sortir du conflit dans l’est de l’Ukraine. Selon les Nations Unies, ce conflit a fait plus de 5 000 morts depuis avril, et a poussé plus de 610 000 personnes à fuir leur foyer.

Les oblasts de Donetsk et Louhansk, qui forment la région du Donbass, représentent près de 10 % du territoire de l’Ukraine, si l’on exclut la péninsule de Crimée annexée en mars par la Russie. Les rebelles contrôlent environ la moitié de cette région, dont les deux capitales régionales où ils ont proclamé leurs républiques populaires.

Depuis la conclusion de la dernière trêve, de nombreux accrochages ont été signalés sur la ligne de front, mais la semaine dernière, les séparatistes ont annoncé qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de lancer une offensive d’envergure avec pour principal objectif de repousser les forces gouvernementales qui bombardent les villes sous leur contrôle.

Les séparatistes cherchent notamment à encercler Debaltseve, une ville qui comptait 46 000 habitants avant la guerre et qui est située dans une langue de territoire sous contrôle de Kiev empiétant sur les territoires rebelles.