L’UE et le Japon acceptent de lancer des négociations commerciales

L’Union européenne et le Japon ont convenu lundi (25 mars) de lancer les négociations sur l’un des accords commerciaux les plus ambitieux au monde, malgré l’opposition de constructeurs automobiles européens. Cette décision constituera un test pour voir jusqu’où les deux camps veulent aller dans leur chasse à la croissance économique.

EURACTIV.com / Reuters
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L’Union européenne et le Japon ont convenu lundi (25 mars) de lancer les négociations sur l’un des accords commerciaux les plus ambitieux au monde, malgré l’opposition de constructeurs automobiles européens. Cette décision constituera un test pour voir jusqu’où les deux camps veulent aller dans leur chasse à la croissance économique.

 

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil, Herman Van Rompuy, ont discuté de l'accord au cours d'une conférence téléphonique, après que Bruxelles a reporté un sommet UE-Japon prévu à Tokyo lundi afin de négocier un accord de dernière minute en vue de résoudre la crise financière de Chypre.

 

« Les dirigeants ont décidé d'ouvrir des négociations sur un accord de coopération politique, globale et sectorielle », indiquent-ils dans un communiqué commun.

 

« Les dirigeants accueillent favorablement le début des négociations en avril et s'engagent à achever ces accords le plus tôt possible. »

 

Bruxelles et Tokyo veulent renforcer leurs relations, qui représentent un tiers de la production économie mondiale, mais dont le développement est entravé par des réglementations qui ferment les industries aux étrangers.

 

Le premier cycle de pourparlers officiels attendu dès le mois prochain marquerait trois années de négociations difficiles. Le Japon tentera d'obtenir un meilleur accès au marché européen de 500 millions de consommateurs pour ses voitures, son matériel électronique et ses investissements. Les Européens lorgnent de leur côté sur des marchés japonais lucratifs tels que l'agroalimentaire et les chemins de fer.

 

Le Japon dispose déjà de droits à l'importation faibles ou nuls sur de nombreux produits européens, le prix réel pour l'Europe élimine donc les réglementations spéciales sur tous les produits, de la musique aux voitures importées.

 

M. Abe, favorable aux réformes et élu en décembre 2012, a jusqu'à présent montré des signes positifs indiquant que son gouvernement est disposé à agir. Il a autorisé deux entreprises européennes à participer aux appels d'offres pour des contrats ferroviaires à Tokyo.

 

Le secteur automobile indifférent

 

Les constructeurs automobiles doutent cependant de l'engagement de Tokyo en faveur de l'ouverture de ses marchés.

 

« Nous sommes plus que sceptiques. Il n'existe pas un seul constructeur [automobile] étranger au Japon, il est donc réellement impossible d'entrer sur le marché », a déclaré Stephen Biegun, le vice-président de Ford pour les relations internationales, à Reuters.

 

À première vue, le marché de l'UE est plus protégé que celui du Japon, avec une taxe de 10 % sur les voitures japonaises importées et de 22 % sur les camions.

 

Les constructeurs automobiles européens indiquent toutefois que de nombreuses barrières entravent les exportations. Le Japon utilise ses propres normes environnementales et non celles internationales adoptées par l'UE, ce qui rend toute procédure d'homologation longue et coûteuse.

 

La catégorie de voitures « légères » pose également problème. Elle bénéficie d'exemptions de taxes, mais la plupart des petites voitures européennes ne répondent pas aux critères de taille et de puissance.

 

Ces règles agacent particulièrement la France et l'Italie, où les constructeurs automobiles se spécialisent dans les petites voitures et luttent contre la concurrence étrangère et un marché national en baisse. En février, les ventes de voiture en Europe ont atteint leur niveau le plus bas en 23 ans.

 

Les négociateurs commerciaux européens ont reçu pour consigne de mettre fin aux discussions au bout d'un an si le Japon n'a pas manifesté d'ici là son intention de lever ces « barrières non tarifaires ».