L’UE et le FMI s’accordent pour sauver l’Irlande

Dublin bénéficiera d’un prêt de 85 milliards d’euros sur 10 ans. Réunis à Bruxelles, les ministres européens des Finances se sont également accordés sur l’avenir du Fonds européen de stabilité financière.

EURACTIV.fr
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Dublin bénéficiera d’un prêt de 85 milliards d’euros sur 10 ans. Réunis à Bruxelles, les ministres européens des Finances se sont également accordés sur l’avenir du Fonds européen de stabilité financière.

Fumée blanche à Bruxelles. Sept mois après la crise grecque, l’Union européenne a présenté, dimanche 28 novembre, un vaste train de mesures destiné à arrêter la contagion de la crise irlandaise au reste de la zone euro. Les ministres européens des Finances veulent également rassurer les marchés sur les règles en vigeur après 2013, date à laquelle le Fonds européen de stabilité financière (FESF) arrivera à échéance.

Au terme de six heures de réunion, les Vingt-Sept se sont tout d’abord entendus sur la pérennisation après 2013 du mécanisme permanent de gestion des crises, qui incluera une participation graduelle du secteur privé.

Ils ont également validé, comme prévu, un plan d’aide à l’Irlande de 85 milliards d’euros sur dix ans. Ils permettent ainsi à Dublin de remettre de l’ordre dans ses finances publiques et d’assainir un secteur bancaire proche de l’implosion.

Amaigrissement

Sur cette enveloppe, 35 milliards d’euros seront destinés aux banques, dont 10 milliards seront consacrés à des injections immédiates de capital et 25 milliards seront conservés dans un fonds de réserve.

L’Irlande y contribuera elle-même à hauteur de 17,5 milliards d’euros, puisés sur un fonds de retraite national, le reste étant assumé à parts égales de 22,5 milliards d’euros par le FMI, et l’UE. L’effort sera complété par des prêts bilatéraux de la Grande-Bretagne, de la Suède et du Danemark.

Le taux d’intérêt moyen auquel cette aide sera fournie devrait s’établir autour de 5,8% et le plan d’austérité de 15 milliards d’euros annoncé par le gouvernement de Brian Cowen, sera complété en trois points.

Le secteur bancaire irlandais subira une intense cure d’amaigrissement et sera recapitalisé, les ajustements budgétaires se poursuivront jusqu’en 2015 au lieu de la date de 2014 envisagée par Dublin et de nouvelles réformes structurelles seront mises en oeuvre, notamment une réforme du marché du travail irlandais.

Accélération des travaux

Enfin, le Portugal se penchera avec la Commission sur la mise en oeuvre d’un plan de réformes structurelles et la Grèce se verra donner un répit de plusieurs années pour rembourser les prêts qui lui ont été concédés en mai.

Les autorités européennes ont accéléré le calendrier des travaux, qui devaient initialement s’achever mi-décembre. Ils espèrent par ce biais rassurer les marchés sur la capacité de la zone euro à se stabiliser durablement et également éviter que le Portugal, voire l’Espagne, ne deviennent à leur tour la cible de la défiance des investisseurs.

« Le message aux marchés c’est : un, nous sommes solidaires au sein de la zone euro ; deux, nous sommes capables de prendre des décisions ; trois, nous produisons les grands principes d’un mécanisme permanent de résolution des crises aligné sur le FMI », a dit la ministre française de l’Économie, Christine Lagarde.

« Et puis, le mécanisme (décidé en mai) fonctionne, on le met en oeuvre, on le met en oeuvre de manière solidaire autour de l’Irlande », a-t-elle ajouté.

Plus de 750 milliards

Le « MES » (Mécanisme européen de stabilité), qui avait attisé les craintes des marchés ces dernières semaines, sera en vigueur à partir de 2013 et se substituera au FESF, dont il sera très largement inspiré.

Les ministres ont toutefois précisé que son enveloppe actuelle, qui s’élève à 750 milliards d’euros, serait relevée même s’ils n’ont pas indiqué dans quelle proportion. La participation du secteur privé y sera clairement établie, selon les principes actuellement en vigeur au sein du Fonds monétaire international. Les créanciers privés seront sollicités au cas par cas, sur une base contractuelle et de manière graduelle selon qu’il s’agit d’une crise de liquidité ou d’une crise de solvabilité.

Par ailleurs, en complément, toutes les émissions obligataires en zone euro seront assorties, à partir de juin 2013, de clauses d’action collective permettant de restructurer des dettes avec l’approbation d’une partie des créanciers.

Les responsables européens se sont félicités de cette clarification, notamment le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, qui avait averti mi-octobre des dangers de discuter de ces questions alors que les marchés étaient encore très tendus.

Lundi 29 novembre au matin, l’euro est en hausse en Asie, après l’approbation du plan.