L'UE et la Russie tentent de trouver un compromis sur l'interdiction des légumes européens

L'épidémie d'E.coli en Europe et l'interdiction en Russie des légumes en provenance de l'UE seront sans doute au centre des discussions du sommet des dirigeants de l'UE et de la Russie aujourd'hui (8 juin). Les représentants officiels de la Russie ont déclaré que cette interdiction pourrait être « allégée et régionalisée », à condition que l'UE fournisse des « garanties crédibles » quant aux produits issus des pays européens.

Ambassador Chizhov_4.jpg
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L'épidémie d'E.coli en Europe et l'interdiction en Russie des légumes en provenance de l'UE seront sans doute au centre des discussions du sommet des dirigeants de l'UE et de la Russie aujourd'hui (8 juin). Les représentants officiels de la Russie ont déclaré que cette interdiction pourrait être « allégée et régionalisée », à condition que l'UE fournisse des « garanties crédibles » quant aux produits issus des pays européens.

En amont du sommet UE-Russie qui débute aujourd'hui à Nizhniy Novgorod (voir « Contexte »), l'ambassadeur de la Fédération de Russie auprès de l'UE, Vladimir Chizhov, a déclaré que la question de l'« UE coli » ne serait pas oubliée.

La semaine dernière, la Russie a interdit les importations de légumes en provenance de l'UE, accusant Bruxelles de semer le chaos en ne fournissant pas d'informations sur l'épidémie liée à la bactérie E.coli. La Commission européenne a qualifié l'interdiction russe des légumes européens de « disproportionnée » et a demandé « un abandon immédiat de cette mesure ». Les pays de l'UE ont exporté pour 594 millions d'euros de légumes en Russie l'an dernier.

M. Chizhov a déclaré que pour que l'interdiction soit levée, « il devrait y avoir une description claire de ce qu'il s'est passé et de la manière dont c'est arrivé. Peut-être parviendra-t-on à prouver que la source est limitée géographiquement ». Il a affirmé penser que l'UE était capable d'apporter ces précisions.

Il a souligné que cette interdiction ne serait pas « éternelle ». Même si l'épidémie liée à l'E.coli devait persister dans certaines parties de l'Europe, il a précisé que si certains pays et les autorités sanitaires de l'UE pouvaient offrir des garanties crédibles, concernant les concombres espagnols par exemple, il n'excluait pas que l'interdiction puisse être « allégée ou régionalisée ».

La Commission a toutefois rejeté l'approche de la « régionalisation ». L'UE « est un tout », a insisté un porte-parole de la Commission aujourd'hui (9 juin).

Questions « habituelles » et adhésion à l'OMC

L'ambassadeur a noté que de nombreuses questions abordées lors du sommet d'aujourd'hui étaient « habituelles ». Il s'agit notamment de questions d'ordre mondial, comme la relance économique et le changement climatique, ainsi que des relations bilatérales UE-Russie. La négociation d'un nouveau traité UE-Russie et la progression vers un régime sans visa avec l'UE sont également sur la table.

Les longues négociations en cours pour une adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce seront également abordées. L'une des pierres d'achoppement concerne la dérogation aux règles de l'OMC que demande la Russie depuis plusieurs années afin de protéger son industrie automobile.

Ces négociations, qui semblent approcher de la fin, ouvriraient à moyen terme la voie à la possibilité d'une union douanière entre l'UE et la Russie. Les représentants russes se sont montrés favorables à cette idée lors du Sommet européen des affaires le mois dernier.