L’UE et la Chine trouvent un accord sur les panneaux solaires et le vin
Bruxelles et Pékin ont conclu un accord pour éviter des taxes sur les panneaux solaires chinois. Le commissaire au commerce a annoncé le 29 juillet que la Chine était disposée à suspendre l’enquête relative au dumping sur le vin produit en Europe.
Bruxelles et Pékin ont conclu un accord pour éviter des taxes sur les panneaux solaires chinois. Le commissaire au commerce a annoncé le 29 juillet que la Chine était disposée à suspendre l’enquête relative au dumping sur le vin produit en Europe.
L'UE et la Chine ont résolu leur plus grand différend commercial. Elles s'attaqueront à présent aux allégations de dumping sur les vins français, espagnol et italien. Et à un autre différend sur les exportations de polysilicium, un matériau utilisé dans la fabrication de panneaux solaires.
« Il y a un créneau pour des discussions entre l'UE et les producteurs [de vins] chinois », a expliqué le commissaire au commerce, Karel de Gucht, lors d'une conférence de presse. « Le gouvernement chinois s'est engagé à faciliter de telles discussions. »
La Chine s'est montrée disposée à résoudre plusieurs différends. Les tensions pourraient donc se relâcher entre les deux puissances économiques, mais chaque camp tente de se protéger contre la concurrence déloyale.
L'Union européenne représente le partenaire commercial le plus important de la Chine. Du côté de l'UE, la Chine se trouve en deuxième position derrière les États-Unis. Les relations sont devenues tendues lorsque Pékin a augmenté sa production de produits sophistiqués fabriqués en Europe.
Karel de Gucht souhaite toujours enquêter sur les pratiques antidumping et antisubventions des producteurs chinois d'équipement de télécommunications. Il avait déjà mis Pékin en garde en mai.
Le commissaire belge a conclu un accord avec la Chine le 27 juillet sur les panneaux solaires. Il a fixé un prix minimal pour les importations de ces produits en Europe, dont la valeur s'élevait à 21 milliards d'euros l'année dernière.
La ministre française du commerce, Nicole Bricq, a déclaré que la France réservait son jugement sur l'accord. Selon certains analystes, il serait trop avantageux pour les Chinois, car le prix minimal à l'importation équivaut au prix actuel du marché.
« Nous attendons aujourd'hui de connaître les termes exacts de cet accord avant de nous prononcer », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Enquête antidumping
En juin, l'UE souhaitait imposer des droits punitifs sur les panneaux solaires chinois. La Chine a riposté en ouvrant une enquête antidumping sur les ventes de vin européen. Cette décision pourrait donner lieu à des taxes à l'exportation pour la France, l'Espagne et l'Italie.
Le ministère chinois du commerce n'a cependant pas confirmé la suspension de l'enquête.
Selon le site www.people.com.cn, un avocat de la fédération chinoise d'industriels qui a déposé la plainte sur les vins de l'UE a déclaré que l'entreprise n'avait reçu aucune notification.
« L'enquête sur la question continue à suivre normalement son cours », a expliqué Yao Fengwen du cabinet d'avocats Bo Heng.
Les ventes de vin ne représentent qu'une petite partie de l’ensemble des exportations vers la Chine. L'imposition éventuelle de taxes semble plutôt symbolique, car la France et l'Italie étaient en faveur de droits de douane élevés sur les panneaux solaires chinois. L'Allemagne et la Grande-Bretagne, par contre, s'y étaient opposées.
Un fonctionnaire du ministère allemand de l'économie a expliqué à Reuters que « la Chine ne [prendrait] aucune mesure sur le polysilicium en vertu de l'accord actuel ».
L'entreprise allemande Wacker Chemie est le deuxième producteur mondial de polysilicium. Toute taxe de la Chine lui serait fortement nuisible. Pékin a imposé des taxes sur les exportations de polysilicium de la Corée du Sud et des États-Unis au début du mois de juillet.