L’UE et l’Inde souhaitent conclure un accord commercial avant la fin de l’année

  Lors d’une réunion à New Delhi (10 février), les dirigeants européens et indiens ont déclaré avoir « sensiblement progressé » dans leurs négociations sur un pacte de libre-échange qu'ils souhaitent conclure d’ici la fin de l’année. Cet accord devrait permettre de doubler les échanges commerciaux entre l’Union et son partenaire asiatique.

EURACTIV.fr / Reuters
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Lors d’une réunion à New Delhi (10 février), les dirigeants européens et indiens ont déclaré avoir « sensiblement progressé » dans leurs négociations sur un pacte de libre-échange qu'ils souhaitent conclure d’ici la fin de l’année. Cet accord devrait permettre de doubler les échanges commerciaux entre l’Union et son partenaire asiatique.

« Les négociations ont progressé et je suis ravi de vous annoncer que nous avons fait un grand pas en avant », a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à l'issue d'un sommet Inde-UE à New Delhi.

« Nos positions se rapprochent à présent dans tous les domaines et les grandes lignes de l'accord final commencent à se profiler. Nous nous sommes donc engagés à intensifier nos négociations. Je pense qu'elles seront finalisées cet automne. »

Le premier ministre indien, Manmohan Singh, a déclaré que des progrès considérables avaient été faits en faveur de la résolution des conflits commerciaux qui freinaient les négociations depuis cinq ans. « Cet accord soulève des questions complexes, mais nous avons convenu d'accélérer les discussions », a déclaré M. Singh à l'issue de la rencontre.

Les deux parties ont signé des accords de coopération sur le partage de statistiques et la garantie de l'approvisionnement en énergie via le développement de techniques liées aux énergies renouvelables et l'amélioration de l'efficacité des réseaux électriques, des bâtiments et des appareils.

Cet accord devrait permettre d'augmenter la puissance électrique, de mettre un terme aux coupures d'électricité chroniques et de fournir de l'électricité à 400 millions de personnes qui n'y ont pour l'instant pas accès. Il pourrait également permettre de réduire les émissions des carburants fossiles tenues pour responsables du changement climatique mondial.

Tensions sur l'Iran

Les hauts fonctionnaires européens ont exhorté l'Inde à intensifier la pression sur l'Iran. Les deux partenaires ne sont toutefois pas tombés d'accord sur la question des sanctions imposées par l'UE et les États-Unis contre le programme nucléaire iranien.

« Sur la question de l'Iran, nous partageons au moins une position : il faut trouver une solution par la voie diplomatique. Nous devons négocier sur le programme nucléaire de l'Iran », a déclaré M. Van Rompuy à l'issue du sommet à New Delhi, où il a appelé l'Inde à faire jouer ses liens économiques solides avec l'Iran pour amener Téhéran à la table des négociations.

« Pour atteindre cet objectif, il faut intensifier les pressions sur l'Iran et imposer davantage de sanctions », a-t-il précisé.

Lors d'une conférence de presse qui a eu lieu un peu plus tôt, le premier ministre indien, Manmohan Singh, avait déclaré que la question du nucléaire devait être résolue par le biais de la diplomatie et défendu la position de l'Inde en tant que pays acheteur de pétrole iranien.

« L'Iran est un voisin proche. C'est une source d'énergie importante pour notre pays », a-t-il expliqué. « Le programme nucléaire de l'Iran pose problème. Nous pensons sincèrement que ce problème peut et doit être résolu en misant un maximum sur la diplomatie », a déclaré M. Singh.

La veille du sommet, le secrétaire indien au commerce, Rahul Khullar, a déclaré qu'il ne voyait aucun inconvénient à ce que son pays tire avantage des opportunités commerciales qui s'offraient à lui depuis que les entreprises européennes avaient décidé de diminuer leurs volumes de ventes vers l'Iran.

L'Iran se tourne vers un système de troc, en proposant des lingots d'or aux chambres fortes étrangères ou des citernes de pétrole en échange de denrées alimentaires à mesure que les nouvelles sanctions sont appliquées. Ces mesures freinent en effet les importations iraniennes d'aliments de base destinés à ses 74 millions d'habitants.

Une importante délégation d'hommes d'affaires indiens se rendra à Téhéran dans les semaines à venir, afin d'examiner les nouvelles opportunités commerciales qui s'offrent à eux. L'Inde applique les sanctions définies par l'ONU, mais elle est libre d'échanger un grand nombre de produits avec l'Iran, a déclaré M. Khullar.