L'UE est soulagée face à l'annonce du nouveau gouvernement proeuropéen en Serbie [FR]
Hier 23 juin, après six semaines de négociations tendues, les Serbes socialistes ont décidé de former un gouvernement avec le président proeuropéen du pays, Boris Tadic. Une initiative considérée comme une étape importante vers la future adhésion du pays à l’UE.
Hier 23 juin, après six semaines de négociations tendues, les Serbes socialistes ont décidé de former un gouvernement avec le président proeuropéen du pays, Boris Tadic. Une initiative considérée comme une étape importante vers la future adhésion du pays à l’UE.
L’accord conclu avec le parti socialiste de l’ancien dictateur Slobodan Milosevic apporte une confortable majorité à l’union de M. Tadic dans le parlement de 250 sièges. Le président Tadic, qui a largement remporté les élections en mai mais qui ne exercer seul le pouvoir, était confiant et avait assuré que le nouveau gouvernement serait formé « très tôt ». Deux partis plus petits – la Serbie Unie, le groupe séparatiste et ancien partenaire des socialistes et la « Liste bosniaque pour un Sandžak européen » avaient déjà rejoint l’alliance précédemment (EURACTIV 12/06/08).
En s’exprimant en marge d’une conférence des Balkans organisée aujourd’hui, 24 juin, le commissaire à l’Elargissement, Olli Rehn, a déclaré aux journalistes qu’il est fort probable que la Serbie soit dotée d’un gouvernement véritablement proeuropéen et qu’il a hâte de travailler avec ce gouvernement. Il a affirmé que l’évolution de la situation sera très importante pour la perspective européenne de la Serbie.
Les eurodéputés, comme le vice-président du groupe socialiste, Hannes Swoboda, ont fait écho à ces remarques positives, rappelant au nouveau gouvernement sa responsabilité de coopérer pleinement avec le Tribunal international de La Haye.
Bien que la composition du nouveau gouvernement reste incertaine, des sources proches des négociations indiquent que le parti socialiste de l’ancien dictateur Slobodan Milosevic disposeront du ministère de l’Intérieur et des ministères chargé de l’énergie et de l’éducation, ainsi que deux postes de vice-Premier ministre et la position de porte-parole du Parlement.
Avec seulement 12 sièges sur les 120 sièges du Parlement, les « faiseurs de roi » socialistes ont clairement émergés comme les vainqueurs des négociations. Cette situation leur permet de sortir du manque de pertinence politique qui a suivi l’expulsion de M. Milosevic du pouvoir.
La liste de M. Tadic « Pour une Serbie européenne » et les socialistes ont officiellement lancé les négociations samedi 21 juin, après que ces derniers ont cessé les négociations avec le bloc nationaliste, composé du parti démocratique du Premier ministre sortant Vojislav Kostunica et le parti radical serbe intransigeant.
Malgré leur approche commune sur le Kosovo, les socialistes ont finalement rejeté l’appel des radicaux et des nationalistes qui souhaitent geler les relations avec l’UE suite à la signature d’un accord de pré-adhésion entre M. Tadic et l’Union deux semaines avant les élections. Cet appel avait été lancé par ceux qui estiment que l’accord impliquerait la reconnaissance de l’Indépendance du Kosovo par la Serbie (EURACTIV 30/04/08).
Pour les socialistes, une alliance avec le camp proeuropéen – et la prospérité économique résultant de la future adhésion à l’UE – a semblé plus prometteuse, en particulier considérant leur objectif consistant à restaurer leur réputation après le régime de Milosevic, synonyme de guerres, d’isolement et de pauvreté.
Lundi, le leader socialiste Ivica Dacic a déclaré qu’il sait que cette décision ne sera pas comprise par une partie de l’électorat socialiste, mais que c’est un grand retour pour les socialistes et une opportunité pour un nouveau départ.