L'UE envisage de réduire les taxes pour aider les fabricants

Les pays de l'Union européenne sont entraînés dans une dispute croissante sur une proposition italienne visant à abandonner provisoirement les taxes de douzaines de matières premières industrielles, une avancée supposée aider les fabricants de l'UE à survivre  la crise économique.

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Les pays de l'Union européenne sont entraînés dans une dispute croissante sur une proposition italienne visant à abandonner provisoirement les taxes de douzaines de matières premières industrielles, une avancée supposée aider les fabricants de l'UE à survivre  la crise économique.

La proposition italienne a été présentée à la Commission européenne, l’exécutif de l’UE, plusieurs mois plus tôt, incitant la Commission à demander aux autres pays membres d’apporter leur contribution.                  

Par conséquent, la Commission a désormais compilé une liste de 92 produits pour lesquels les taxes douanières pourraient être réduites, déclenchant une dispute entre les Etats membres qui soutiennent le mouvement et ceux qui disent que le mettre en pratique endommagerait leur propres industries manufacturières.

La liste de la Commission, vue par Reuters, couvre les produits dans l’acier, les cosmétiques, la cordonnerie, le textile, le mobilier et les industries de manufacture automobile, entre autres.

L’Italie, dont la manufacture repose largement sur l’importation de matières brutes des pays comme la Chine, le Brésil et la Russie – qui les utilisent pour produire des biens de qualité supérieure – estime que les économies pour les entreprises de l’UE seraient de deux milliards par an si les taxes douanières étaient réduites.

Mais les diplomates affirment que la France, l’Allemagne et l’Espagne – trois des plus grandes économies de l’UE – s’opposent à la proposition, qui pourrait avoir un impact sévère sur leurs propres manufactures, qui produisent beaucoup de biens similaires à ceux que l’Italie et d’autres pays importent.

L’Italie est soutenue par la République Tchèque et bénéficie également du soutien des défenseurs du libre-échange tels que le Royaume-Uni, les Pays-bas et la Suède. La proposition éliminerait ou au moins réduirait fortement les taxes douanières pendant deux à trois ans.

Ceci permettra aux entreprises européennes d’acheter du matériel au même prix que leurs concurrents, a dit Giancarlo Salemi, un porte-parole pour le vice-ministre au développement économique, Adolfo Urso.

Dans cette crise financière, ce sera une aide pour les entreprises qui doivent acheter des choses, et pour les consommateurs également.

Guerre commerciale

La proposition fait écho aux avancées du Congrès américain, qui a voté ce mois-ci un projet de loi proposant de réduire les taxes sur les contributions industrielles. Le Brésil et le Canada songent à passer une loi similaire.

La liste de la Commission couvre spécifiquement les ingrédients chimiques et minéraux utilisés dans la fabrication des aliments, les produits pharmaceutiques, les cosmétiques, les puces et les emballages; les éléments utilisés dans l'acier et la production d'automobiles; les moutons, vaches, porcs, chevaux et autres peaux utilisées pour faire du cuir; des douzaines de bois exotiques, la fonte brune, l'aluminium et 26 types de fibres textiles et tissus.

Réduire ou supprimer les taxes sur de tels produits – ce qui reste seulement une possibilité pour le moment- pourrait tirer la sonnette d'alarme des pays en développement sur l'intensification des taxes, selon laquelle les matières premières entrent dans un pays ou une région à des taux bas mais où des biens fabriqués à une haute valeur sont sujets à des taxes de douane plus élevées.

Ceci pourrait également conduire à des mesures de rétorsion en développant les exportations mondiales dans la recherche visant à maintenir un avantage compétitif.

La Commission, qui peut soit rejeter la proposition de l'Italie soit mettre en avant sa propre proposition, a dit aux gouvernements de l'UE qu'un accord détaillé ne serait pas possible à moins que les Etats membres trouvent eux-mêmes un compromis, ont dit les diplomates.

Si une majorité des 27 Etats membres soutient un plan de réduction des taxes, la Commission pourrait élaborer une proposition à l'automne prochain, sur laquelle les gouvernements voteraient.

L'Italie et d'autres pays qui préconisent les réductions devraient profiter de l'été pour mettre la pression sur la France et l'Allemagne afin qu'elles soutiennent la proposition, mais il est loin d'être certain qu'un compromis sera trouvé, ce qui veut dire qu'on peut s'attendre à une impasse.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)