L’UE devrait approuver les négociations avec la Russie [FR]
Aujourd’hui 10 novembre, les ministres européens des Affaires étrangères devraient surmonter les divisions internes pour donner leur feu vert au lancement des négociations sur un nouveau traité fondamental entre l’UE et la Russie.
Aujourd’hui 10 novembre, les ministres européens des Affaires étrangères devraient surmonter les divisions internes pour donner leur feu vert au lancement des négociations sur un nouveau traité fondamental entre l’UE et la Russie.
La plupart des observateurs s’attendent à ce que les ministres européens des Affaires étrangères, qui se réuniront à Bruxelles avec les ministres de la Défense pour un « jumbo CAGRE » (Conseil Affaires générales et Relations extérieures), parviennent à une décision unanime avant le sommet UE-Russie du 14 novembre à Nice.
Ces derniers temps, la Lituanie est le seul pays à poursuivre son opposition à la reprise des pourparlers, qui avaient été gelés lors du sommet extraordinaire de l’UE le 1er septembre en réponse à l’incursion militaire russe « inacceptable » en Géorgie, remettant à plus tard d’éventuelles étapes supplémentaires (EURACTIV 02/09/08).
De son côté, la Russie a décidé de participer aux négociations à Genève sur la résolution de l’après-conflit et de se conformer à l’accord de cessez-le-feu, permettant le déploiement des observateurs européens aux frontières des régions séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Ces évolutions ont été saluées autant par la présidence française de l’UE que par la Commission européenne. Cependant, la Lituanie a maintenu sa position, considérant que Moscou contrevenait à l’accord de cessez-le-feu en déployant encore plus de troupes en Abkhazie et en Ossétie du Sud qu’avant la guerre d’août.
Lors du sommet extraordinaire de l’UE le 7 novembre, M. Sarkozy a exhorté l’Union d’honorer ses engagements envers la Russie, qui a selon lui rempli ses principales obligations d’après-guerre. Le président de la Commission José Manuel Barroso a lui aussi insisté sur le fait qu’il était plus raisonnable d’avoir une politique européenne commune par rapport à la Russie que plusieurs positions divergentes de groupes d’Etats membres.
En principe, l’Union ne nécessite pas l’unanimité pour relancer les négociations avec la Russie. Comme l’a récemment indiqué M. Sarkozy, (EURACTIV 22/10/08), la décision du 1er septembre n’était pas de suspendre les pourparlers, mais de les reporter. Si les dirigeants de l’UE avaient décidé de suspendre les discussions, ils auraient eu besoin d’une décision unanime du Conseil européen pour les relancer. Selon M. Sarkozy, la décision de reporter les négociations permet à l’Union de poursuivre les pourparlers sans donner d’appréciation.
Par ailleurs, l’Union a demandé à la Commission de réviser l’ensemble des relations UE-Russie en vue du prochain sommet du 14 novembre. Cette révision, publiée le 5 novembre, appelle à la poursuite des négociations sur un nouveau traité fondamental, premièrement car cela permettrait à l’UE d’agir en son propre intérêt par rapport à la Russie, deuxièmement car il s’agit du meilleur moyen de s’engager aux côtés de la Russie sur la base d’une position unifiée.
Même si l’unanimité n’est pas nécessaire, les ministres européens feront sans doute leur possible pour y parvenir, peut-être même au prix d’une déclaration écrite réaffirmant le rejet européen des provinces séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud.
La plupart des observateurs pensent que la Lituanie aura de la difficulté à garder une position ferme, compte tenu des dernières informations occidentales selon lesquelles l’armée géorgienne aurait attaqué Tskhinvali, la capitale d’Ossétie du Sud, sans discernement le 7 août, tuant beaucoup de civils. C’est ce qu’ont indiqué des diplomates à EURACTIV.