L'UE conclut un accord sur la décote des titres de la dette grecque
Les dirigeants de l'UE et les représentants du secteur bancaire ont conclu un accord de dernière minute aujourd'hui (27 octobre). Cet accord conclu à huis clos vise à effacer 50 % de la dette grecque et permettra aux banques les plus faibles de recevoir de l'aide du Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Les dirigeants de l'UE et les représentants du secteur bancaire ont conclu un accord de dernière minute aujourd'hui (27 octobre). Cet accord conclu à huis clos vise à effacer 50 % de la dette grecque et permettra aux banques les plus faibles de recevoir de l'aide du Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Après des mois de tergiversation, l'accord a été validé aux alentours de 4 heures du matin à Bruxelles, à l'issue de négociations-marathon entre l'Institut de la finance internationale (IIF) et des représentants de l'UE réunis dans une pièce séparée du sommet des dirigeants européens.
Les chefs d'Etat attendaient avec impatience le discours de Vittorio Grilli, le président du comité économique et financier de l'UE, face au représentant de l'IIF Charles Dallara. À 5 h du matin, les négociations entre les deux parties semblaient avoir échoué et l'espoir de voir un accord se dessiner s'amincissait.
À la dernière minute, les banques ont apparemment cédé à la demande allemande de diminuer de 50 % leurs parts de la dette souveraine grecque afin de permettre aux leaders européens d'envisager un second sauvetage pour le pays dans la tourmente. Les grandes banques européennes ING et BNP Paribas avaient auparavant déclaré qu'elles n'accepteraient pas une décote supérieure à 40 %.
« C'était tout sauf évident il y a quelques jours encore », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel, lors d'une conférence de presse à 4 h du matin.
« Nous n'avions qu'une seule offre à faire, et elle a été acceptée », a déclaré Mme Merkel.
Cette décote de 50 % devrait permettre à la Grèce d'atteindre un ratio dette/PIB de 120 %, selon une déclaration prononcée lors du sommet, suite à l'accord des leaders de la zone euro.
« Nous invitons la Grèce, les investisseurs privés et toutes les parties concernées à pratiquer un échange d'obligations volontaire, avec une décote nominale de 50 % sur la dette grecque notionnelle détenue par les investisseurs privés », peut-on lire dans ce communiqué.
Les banques n'ont cependant pas capitulé facilement. Le communiqué confirme en effet qu'elles recevront une contrepartie d'une valeur de 30 milliards d'euros, provenant en partie du FESF et du capital du gouvernement grec amassé lors de ses tentatives de privatisation des actifs de l'Etat.
En outre, les dirigeants ont consenti au versement de 100 milliards d'euros supplémentaires pour aider la Grèce à surmonter sa dette. D'après le communiqué, « les dirigeants européens sont prêts à mettre en oeuvre un programme de financement supplémentaire de 100 milliards d'euros jusqu'en 2014, qui inclut la recapitalisation des banques grecques ».
Les banques grecques seraient celles qui manquent le plus cruellement de capitaux. Selon des chiffres émis par la banque d'investissement Morgan Stanley, le secteur bancaire grec aurait besoin de plus de 80 milliards d'euros, contre 30 milliards d'euros pour l'Allemagne, l'Espagne, la France et l'Italie réunies.