L'opposition roumaine crie au coup d'Etat

La coalition de gauche (USL) du premier ministre roumain, Victor Ponta, a prévu un vote sur la suspension du président, Traian B?sescu, en vue d'une éventuelle procédure de destitution. Cette initiative a été qualifiée de coup d'Etat par l'opposition. EURACTIV Roumanie a contribué à cet article.

EURACTIV.com
Traian B?sescu et Victor Ponta, une lutte permanente
Traian B?sescu et Victor Ponta, une lutte permanente

La coalition de gauche (USL) du premier ministre roumain, Victor Ponta, a prévu un vote sur la suspension du président, Traian B?sescu, en vue d'une éventuelle procédure de destitution. Cette initiative a été qualifiée de coup d'Etat par l'opposition. EURACTIV Roumanie a contribué à cet article.

Cette décision, annoncée hier (4 juillet), fait suite à un conflit qui a éclaté en mai dernier entre M. Ponta, le dirigeant du Parti social-démocrate (PSD) et de la coalition USL, et le président Traian B?sescu de centre-droit. Tous deux se disputaient le droit de représenter le pays aux sommets de l'UE.

Les observateurs estiment que ce conflit entre les deux chefs de file du pays est motivé sur le plan politique. USL a renversé le gouvernement nommé par M. B?sescu en avril dernier et M. Ponta a accédé au poste de premier ministre. M. Ponta devra en outre affronter des élections législatives prévues en novembre prochain.

Lors du sommet européen des 28 et 29 juin derniers, la Roumanie a été représentée par M. Ponta, et ce malgré une décision rendue par la Cour constitutionnelle du pays, selon laquelle le président devait représenter le pays.

Le ton s'est durci dans les discours des uns et des autres et Crin Antonescu, le leader du parti libéral PNL et numéro deux de la coalition USL, a déclaré lundi que le parlement et le gouvernement avaient le pouvoir de nommer d'autres juges à la Cour constitutionnelle et que cette Cour était une « honte » sous sa forme actuelle.

Conformément au droit roumain, trois juges sont nommés par le président, trois par le sénat et trois par la chambre des députés.

La commissaire européenne à la justice, Viviane Reding, a fait part de son inquiétude sur Tweeter quant aux « attaques contre l'indépendance de la Cour constitutionnelle de Roumanie ». 

« Pour moi, un système judiciaire indépendant et fonctionnel est la condition de la confiance mutuelle en matière de justice en Europe », a tweeté Mme Reding.

Mina Andreeva, la porte-parole de Mme Reding, a affirmé aujourd'hui que l'exécutif européen avait pu s'assurer plus tôt dans la journée qu'aucune mesure ne serait prise pour modifier la structure de la Cour.

Remplacement des dirigeants parlementaires

La coalition USL a toutefois décidé de remplacer les présidents des deux chambres du parlement qui sont membres du Parti libéral-démocrate de l'opposition. Le président du sénat, Vasile Blaga, a été remplacé par M. Antonescu et Roberta Anastase, à la tête de la chambre basse, devrait être remplacé par Valeriu Zgonea.

EURACTIV Roumanie a rapporté que M. Blaga avait parlé de coup d'Etat.

Le site Internet Ziare.com a quant à lui affirmé que la coalition USL avait introduit au parlement une demande de vote pour suspendre M. B?sescu pendant un mois. Ce document de 17 pages détaille des fautes supposées de M. B?sescu.

L'USL a annoncé qu'un référendum national sur la destitution de M. B?sescu aurait lieu le 22 juillet prochain.