L’Italie tente de former un gouvernement « miracle »

Pier Luigi Bersani, le chef de file de centre-gauche italien, devrait rencontrer les députés du parti de Silvio Berlusconi aujourd’hui (26 mars) en vue de former un gouvernement de coalition après un mois d’impasse.

EURACTIV.com / Reuters
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Pier Luigi Bersani, le chef de file de centre-gauche italien, devrait rencontrer les députés du parti de Silvio Berlusconi aujourd’hui (26 mars) en vue de former un gouvernement de coalition après un mois d’impasse.

 

« La vérité est que nous nous trouvons dans une situation dramatique […] Nous avons besoin d'un gouvernement qui fasse des miracles », a déclaré Pier Luigi Bersani à la suite de consultations avec des syndicats.

 

Le président Giorgio Napolitano, dont le mandat se termine en mai, a invoqué une grande coalition le 22 mars lorsqu'il a chargé M. Bersani de solliciter le soutien parlementaire.

 

Le centre-gauche, qui a remporté une majorité à la chambre basse, mais non au Sénat lors des élections de février, a exclu à plusieurs reprises une alliance avec le Parti du peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. M. Bersani dispose de deux jours pour pallier le manque de soutien au parlement.

 

M. Berlusconi a répété lundi qu'il souhaitait faire partie du nouveau gouvernement italien. Aucun signe n'indique cependant que son rival de centre-gauche reviendrait sur sa promesse de ne pas s'allier avec le magnat pour sortir de l'impasse politique.

 

Le Parti démocrate (PD) de M. Bersani n'a pas beaucoup d'autres choix. Laisser la troisième plus grande économie de la zone euro dans l'impasse politique représente un danger pour toute l'union monétaire, déjà fortement ébranlée par la crise proche de l’effondrement à Chypre.

 

Un accord à Rome

 

Pier Luigi Bersani devrait rencontrer à Rome les députés de M. Berlusconi, emmenés par Angelino Alfano, le chef de file du Parti du peuple de la liberté.

 

Le Cavaliere a démissionné en 2011 sur fond de scandales personnels et de problèmes économiques grandissants.

 

Il a indiqué lundi que le PD devrait permettre à son parti de choisir un successeur à Giorgio Napolitano, homme politique de gauche de 87 ans dont le mandat se termine le 15 mai.

 

« C'est clair : soit le PD change d'avis, accepte de former un gouvernement avec le PDL pour relancer l'économie et déclare qu'il est disposé à élire un modéré à la présidence, soit nous retournons aux urnes », a déclaré Silvio Berlusconi lors d'un entretien sur sa chaîne de télévision Canale 5.

 

Le mouvement contestataire cinq étoiles (M5S) a rejeté les offres de M. Bersani. Le M5S, emmené par l'ancien humoriste Beppe Grillo, indique qu'il n'a aucun point commun avec les partis traditionnels d'Italie, qu'il considère comme corrompus.

 

Le PD estime malgré tout que l'offre de M. Berlusconi reste rebutante.

 

« Notre expérience est négative pour une raison très simple. Nous avons malheureusement constaté qu'en fin de compte, M. Berlusconi ne pense qu'à ses propres intérêts », a déclaré le chef adjoint du PD, Enrico Letta, sur la chaîne de télévision SkyTG24.

 

« Honnêtement, l'idée que le lendemain des élections, vous annuliez tout ce qu'il s'est passé ces 20 dernières années, nous savons tous que c'est juste de la propagande », a-t-il ajouté.

 

L'étranger respecté

 

Si M. Bersani n'est pas en mesure de former une coalition, Giorgio Napolitano pourrait demander à une personnalité respectée en dehors du système politique de tenter de créer un gouvernement de large union nationale. Un retour aux urnes constitue l'autre solution.

 

Les partenaires européens et investisseurs internationaux surveillent l'impasse de près. Jusqu'à présent, il n'existe pourtant aucun signe semblable à la panique qui s'est emparée des marchés en 2011, lorsque Silvio Berlusconi a démissionné du poste de premier ministre sur fond de crise de la dette.

 

L'Italie connaît cependant des problèmes plus importants. La péninsule est paralysée dans la récession et le chômage, surtout chez les jeunes, atteint des records historiques. La dette publique italienne de deux mille milliards d'euros est en outre sensible aux sautes d'humeur des marchés obligataires.