L'Italie se cherche toujours un gouvernement

Le dirigeant de la coalition de centre gauche Pier Luigi Bersani n'a pas réussi à convaincre une majorité de parlementaires de le soutenir. Le président de la République Giorgio Napolitano reprend la main.

EURACTIV.fr

Le dirigeant de la coalition de centre gauche Pier Luigi Bersani n’a pas réussi à convaincre une majorité de parlementaires de le soutenir. Le président de la République Giorgio Napolitano reprend la main.

Le vainqueur des élections italiennes des 24 et 25 février dernier, le chef de la coalition de centre gauche, Pier Luigi Bersani, a déclaré jeudi 28 mars au président de la République que ses discussions exploratoires en vue de former un gouvernement n’avaient pu aboutir. Giorgio Napolitano a décidé de se saisir du dossier.

Le chef de l’Etat entame, à partir de vendredi 29 mars, de nouvelles consultations avec les partis politiques, ont annoncé ses services. Ces discussions dureront toute la journée.

Grande coalition de Berlusconi 

Le premier dirigeant reçu au palais du Quirinal est Silvio Berlusconi, fondateur du Peuple de la liberté (PDL). Pier Luigi Bersani est attendu en dernier. 

« J’ai dit au président que ma tentative n’avait pas abouti et le président a immédiatement décidé de voir par lui-même quelle était la situation », a déclaré jeudi le chef de file du centre gauche à l’issue de sa rencontre d’une heure avec M. Napolitano.

Un porte-parole du Parti démocrate de M. Bersani a tenu toutefois à souligner que ce dernier gardait espoir. « Il n’a pas renoncé », a-t-il dit.

L’alliance de centre gauche avait lancé dans la journée un appel de la dernière chance aux autres forces politiques pour tenter de former une coalition.

Les consultations n’ont pas progressé depuis que le chef de l’Etat a confié il y a six jours au chef de file du centre gauche la tâche apparemment impossible de constituer une majorité stable au Parlement. A l’issue des élections de février, la coalition de M. Bersani est majoritaire à la Chambre des députés, mais pas au Sénat.

Le centre droit de Silvio Berlusconi a avancé l’idée d’une « grande coalition » avec le centre gauche, une proposition rejetée par ses adversaires.

Nouveau gouvernement de technocrates ?

Le Mouvement Cinq Etoiles de l’humoriste Beppe Grillo a pour sa part refusé de s’allier avec M. Bersani, poussant l’Italie vers de nouvelles élections qui pourraient raviver la crise de la dette européenne.

Jeudi 28 mars, le principal indicateur de confiance des marchés financiers, l’écart de rendement entre la dette italienne à dix ans et les « Bunds » allemands, s’est élevé à 350 points de base, 30 de plus qu’à la veille des élections des 24 et 25 février.

Devant l’incapacité des principales forces politiques à s’entendre, l’hypothèse de la constitution d’un nouveau cabinet de technocrates, comme celui dirigé par Mario Monti ces dix-sept derniers mois, fait son chemin.

Humilié dans les urnes avec à peine 10% des voix Mario Monti ne devrait pas en faire partie. Il a par ailleurs subi mardi 26 mars la démission de son ministre des Affaires étrangères, Giulio Terzi. Le président du Conseil s’est lui-même dit « impatient » de quitter ses fonctions. 

Pour voter à nouveau, les Italiens doivent attendre la désignation du successeur du président Napolitano par le Parlement. L’actuel président quitte son poste mi-mai. Mais la Constitution lui interdit de dissoudre le Parlement pendant les derniers mois de son mandat.