L'Islande pourrait être un "refuge" pour les journalistes
L'Islande pourrait devenir un bastion de la liberté de la presse internationale, si la proposition initiée par le site Internet d’information WikiLeaks est approuvée par le Parlement du pays aujourd'hui (16 février), rapporte la BBC.
L'Islande pourrait devenir un bastion de la liberté de la presse internationale, si la proposition initiée par le site Internet d’information WikiLeaks est approuvée par le Parlement du pays aujourd'hui (16 février), rapporte la BBC.
Les députés ont lancé une "initiative de modernisation des médias islandais" (IMMI), ayant pour but de faire du pays un refuge international pour les journalistes d'investigation. L'IMMI appelle le gouvernement du pays à adopter des lois protégeant les journalistes et leurs sources.
Si la proposition est un succès, le gouvernement islandais devra introduire une nouvelle loi. D'après le rédacteur de WikiLeaks Julian Assange, la proposition bénéficie d’un très large soutien parmi les 51 députés islandais.
M. Assange a déclaré à BBC News que l'idée était d'essayer de réformer les lois médiatiques de l'Islande pour créer une juridiction très attirante pour les journalistes d'investigation. Il pense que l'humeur politique à Reykjavik est réceptive au besoin de changement.
Les législateurs espèrent que les lois favorables aux journalistes encourageront les entreprises médiatiques à s'installer en Islande. S'il y a ces protections juridiques supplémentaires sur la publication et les médias, alors il est probable que cela encourage la presse internationale et les start-up Internet à localiser leurs services ici, a expliqué M. Arrange.
WikiLeaks est un site Internet à but non lucratif qui s'est construit une réputation certaine en publiant des éléments ayant fait l’objet de fuites. En octobre 2009, le site a publié une liste de noms et adresses de personnes censées appartenir au parti national britannique. Le site Internet a également reçu une copie d'un document qui détaillait les restrictions vécues par les prisonniers à Guantanamo.
Par ailleurs, le site a joué un rôle dans la crise financière de l'Islande l'été dernier, lorsqu'un animateur d'une chaîne de télévision nationale s'est vu empêché de révéler une liste de créanciers dans la débâcle bancaire du pays. L'animateur a choisi de divulguer l'url par WikiLeaks. Toutefois, le site Internet a du récemment suspendre ses opérations en raison d'un manque de financements.
Les Vikings de la transparence?
L'IMMI vise à rassembler les bonnes pratiques du monde entier et les insérer dans un corps de lois unique. Nous avons trouvé de bonnes lois dans différents pays, mais aucun de ces pays n'a rassemblé toutes ces lois, explique M. Assange.
Les législateurs ont été informés de l'expérience de WikiLeaks dans son combat contre les menaces juridiques à la publication.
En tant que rédacteur de WikiLeaks, j'ai été engagé dans le combat contre plus de 100 attaques juridiques ces trois dernières années, a dit M. Assange, dans une publication sur le blog du site Internet de "The Guardian".
Les propositions comprennent également des avancées pour mettre fin au soi-disant "tourisme de diffamation" : pratique qui vise à poursuivre les actions de diffamation devant la juridiction la plus favorable sans tenir compte de l'endroit auquel sont basées les parties.
Une image plus positive
Cependant, les troubles du secteur financier peuvent conduire certaines Islandais à être sceptiques quant aux efforts de transformation de leurs pays.
En effet, les ambitions de l'Islande de passer d’un pays dépendant en très grande partie de la pêche à une économie centrée sur la finance sont parties en fumée après la crise des crédits de 2008 (EURACTIV 21/10/08).
Birgitta Jonsdottir du Mouvement, un parti politique qui a trois députés au Parlement islandais, soutient la proposition et a dit à la BBC qu'elle était confiantesur le fait que cette proposition deviendrait une loi. Nous ne voulons pas devenir les Vikings de la transparence, de la même manière dont se sont présentés les banquiers, a-t-elle affirmé.
Mme Jonsdottir pense que se prononcer clairement en faveur de la liberté d'expression pourrait être une manière pour l'Islande de se créer une nouvelle identité positive. Beaucoup d'Islandais se sentent encore honteux. Je pense que cela fait partie de notre propre reprise que nous devons poursuivre, a-t-elle dit.